jeudi 22 avril 2021

Nuit bleue de Simone Buchholz



Présentation éditeur

« Joe, qui vous a brisé les os ? 
— La vie. »
Au Blaue Nacht, la procureure Chastity Riley écluse des bières et trouve le réconfort auprès de sa bande d’amis. Mise sur la touche après avoir fait condamner son supérieur, elle est désormais chargée de la protection des victimes. À l’hôpital l’attend un homme roué de coups, un Autrichien qui refuse de parler. C’est sans compter sur la force de persuasion de Chastity... prête à mettre les pieds dans le plat de la bonne société hambourgeoise.


Ce que j'en pense

Je ne pouvais pas passer à côté de Nuit bleue : d'abord parce que c'est le premier titre de la collection Fusion, ensuite parce que vous connaissez mon intérêt pour le polar made in Europe, et qu'à ce titre, découvrir un nouvel environnement polareux m'intéressait. Nuit bleue se déroule à Hambourg, ville où je n'ai jamais mis les pieds et qui est une sorte de carrefour portuaire européen, à ce titre hautement criminogène. Et bon sang, Simone Buchholz excelle dans les scènes portuaires, très loin des ambiances à la Simenon : là tout n'est que containers, dédale moderne de cargaisons made in mondialisation. C'est aussi une ville de bars, et de bars de nuit, dont on sent l'odeur d'alcool et de sueur mêlés au petit matin, car l'héroïne n'est pas la dernière à lever le coude. 

Parlons-en, de l'héroïne, et de sa bande : Chastity Riley, avec un nom pareil, ne peut que vous séduire, et la famille de coeur qui l'entoure est assez fabuleuse. C'est une tribu comme je les aime, un peu comme dans les romans d'Alicia Gimenez Bartlett, d'Andrea G. Pinketts, loyale et drôle, de ces tribus qu'on a plaisir à retrouver de roman en roman. Chastity est une héroïne de roman noir, mais sans ce côté pesamment badass désormais si stéréotypé. Elle est magistrate, elle est au placard, elle a pour amant un ancien délinquant, elle a pour ami un drôle de flic, elle picole dans les bars, elle n'est pas là pour faire joli. En somme, elle est un peu décalée. 

Simone Buchholz a un grand talent pour composer ses personnages, les donner à voir, à entendre, mais ce n'est pas tout : Nuit bleue se distingue par un ton, une écriture et un dispositif narratif peu habituel et très réussi, que je vous laisse découvrir. C'est sans doute ce qui m'a frappée d'emblée : l'écriture. Il y a une voix, très singulière, et ce n'est pas le moindre intérêt de Nuit bleue

Et ce final, nom de zeus, ce final : jubilatoire. 

Je ne veux pas vous en dire plus, mais Simone Buchholz est une de ces voix européennes du polar que j'ai envie de suivre, donc longue vie à Fusion!

Simone Buchholz, Nuit bleue (Blaue Nacht), L'Atalante Fusion, 2021. Traduit de l'allemand par Claudine Layre.

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