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samedi 1 janvier 2022

Un bilan de lecture pour 2021

(moi - si si - en décembre 2021)


115 livres lus cette année : c'est un peu moins qu'en 2020. Je ne compte pas les bandes dessinées. 

Une fois encore, les livres français (auteurs français, suisses, belges) se taillent la part du lion, avec 55% des lectures. Pour la littérature étrangère, les choses ont changé, et c'est souvent lié au boulot, mais je note que les USA sont revenus en deuxième position et représentent 20% de mes lectures. 

France comprise, j'ai lu des textes venus de 24 pays. Hormis la France, le continent européen est deuxième, suivi de l'Amérique du Nord. Reste une poignée de pays : Haïti, Afrique du Sud, Egypte, suivi des lectures venues d'Asie. Je constate que le continent américain n'est représenté que par le nord, USA et Canada,. 

Certains mois, je me suis efforcée d'atteindre la parité hommes/femmes, mais le bilant n'est pas brillant : 45 livres signés par des femmes, contre 71 hommes (je sais, ça fait 116, parce que j'ai lu le Pouy - Villard). 

Qu'ai-je lu? Essentiellement du polar et du noir, et pour ce dernier, il faudrait s'entendre sur les limites du genre. Aussi ai-je renoncé à produire des chiffres. Pour des raisons qui m'échappent, j'ai lu beaucoup moins de littérature de jeunesse (ado - young adult), quelques romans. 


A nous deux, 2022.



lundi 31 mai 2021

Collections, éditions : 1 Le Masque

Je sais que désormais, le classement en librairie ne se fait plus, du moins dans la plupart des points de vente, par éditeurs et/ou collections. J'en comprends les raisons. Pourtant, je le regrette. En effet, si ce n'est pas mon seul principe de choix, je continue à lire DANS la collection. Je suis attentive à ce qui sort chez tel ou tel, et je me revois, en librairie, dans les années 2000-2005, flâner dans le rayon Rivages Noir, ou Folio, ou bien sûr Série noire, me laissant guider par la collection, parce que la ligne éditoriale me convenait et que je savais pouvoir y faire de fabuleuses découvertes. C'est pourquoi j'ai eu envie de faire une série de billets sur les collections et les maisons d'édition qui ont été ou sont importantes pour moi, en toute subjectivité. Je vais en aborder quelques unes, dans l'ordre qui me viendra : nulle logique donc. Je ne mentionnerai pas les collections qui m'ont accompagnée dans mon enfance car ce qu'elles sont devenues, quand elles existent encore, ne m'intéresse pas du tout. 

Je vais commencer par une maison d'édition, une collection, par laquelle tout a commencé côté polar ou presque. J'ai déjà eu l'occasion, en m'épanchant en ces pages, de vous parler de ma lecture de Dix petits nègres d'Agatha Christie dans la collection 1000 soleils. Mais ce ne fut que le prélude à mon entrée dans le polar pour les grands : Le Masque m'a permis de poursuivre ma découverte d'Agatha Christie. Je ne sais combien de temps ça a duré, mais cela a commencé quand j'étais en 6ème, et je pense que ça a bien duré deux ans. Petite lectrice boulimique et inculte (je n'avais nul repère familial pour guider mes lectures, ni pour les contrôler), j'ai enchaîné les Agatha Christie avec bonheur, et envisagé alors d'être écrivain. Ceux qui me suivent depuis longtemps se souviennent peut-être que j'avais raconté avoir écrit au Masque pour leur faire part de mon envie d'écrire des romans policiers (on rêve), et sans doute amusée par mon ambition délirante, l'équipe (qui? je ne sais) m'avait gentiment répondu... Le courrier a été perdu depuis et c'est bien dommage. A l'époque, la maquette était celle-ci:



J'ai choisi à dessein Un cadavre dans la bibliothèque et sa couv que je trouve très seventies: j'en ai un souvenir vif car le jour où je l'ai acheté, lors d'une virée shopping avec ma mère, nous avons été agressées sur le retour, en voiture, par un type bourré. Lectrice d'Agatha Christie, j'ai pensé du haut de mes 11 ou 12 ans à noter sa plaque d'immatriculation (il nous avait coincées en bagnole sur une route et tapait comme un taré sur notre voiture qu'il essayait d'ouvrir tout en hurlant). 

Ensuite mes lectures ont pris un autre tour, et je sais avoir découvert en 4ème Le Clézio et Modiano, ainsi que Balzac et Colette. Je suis revenue au polar bien plus tard. 

Le Masque n'est pas redevenu ce qu'il avait signifié pour moi (un autre a pris la place, vous verrez). Mais j'ai continué à acheter de temps à autre des romans estampillés Le Masque, dans le format poche : Sur un lit de fleurs blanches de Patricia Parry (2012) est un de mes excellents souvenirs, tout comme Michael Nava (La mort à Frisco, 2002). 


Adulte, j'ai chiné quelques volumes des premières années de la collection et j'ai par exemple celui-ci, dans un piètre état, mais que je montre à mes étudiants comme une relique quand je fais un panorama historique du roman policier, sur le plan éditorial:


Côté grand format, j'achète encore un peu de Masque, moins ces dernières années toutefois. Je pense que l'un des derniers auteurs que j'y ai suivis est Serge Quadruppani, notamment pour ceci :


Cependant, Serge Quadruppani est un auteur que je lisais avant Le Masque, et que je continue à lire ailleurs. 

Quoi qu'il en soit, je n'oublie pas Le Masque, son rôle historique essentiel dans la constitution du polar en France, son influence sur les codes graphiques du genre. On pourrait dire bien des choses sur les traductions proposées dans les premiers temps de la collection, sur le caviardage des textes, mais j'ai plutôt envie de me rappeler l'importance de cette collection dans ma vie de lectrice, la richesse de son catalogue. 

(à suivre...)


samedi 30 janvier 2021

Un petit tag pour changer

Ah ça faisait longtemps que je n'avais pas fait de tag, sans doute parce que je concentre le peu d'énergie que j'ai sur quelques chroniques qui me tiennent à coeur.  C'est parti pour un tag sur mon addiction aux livres...

Quelle est la durée maximale que tu peux passer sans lire?

Bah! en cas de panne de lecture, quelques jours, mais cela n'arrive pas souvent, deux trois fois par an. En revanche, il peut arriver que je passe une journée sans lire : si je suis en déplacement pour le boulot, ça peut arriver, ou si je suis trop crevée pour lire, même quelques pages, avant de m'endormir. Mais la norme pour moi c'est de lire quotidiennement, même quelques pages avant de m'endormir, justement.


Combien de livres emportes-tu avec toi à tout moment?

"A tout moment" serait exagéré : je n'emmène pas de livres pour aller faire des courses, par exemple, ou quand je vais au boulot (dans la vraie vie, celle sans la pandémie), parce que lire n'est pas un truc que je fais entre deux portes, cela me demande de la disponibilité d'esprit. Sinon, j'ai TOUJOURS ma liseuse sur moi, ce qui signifie que j'ai sous la main énormément de livres.


Gardes-tu tous les livres achetés/reçus ?

Je désherbe de temps à autre mes bibliothèques, pour faire de la place : mes goûts en BD ayant évolué ces dernières années, j'ai évacué certaines séries dont je sais que je ne les relirai pas/plus. Côté romans, j'ai tendance à garder, et s'il arrive que je ne garde pas un titre acheté, j'essaie de voir si un.e de mes ami.e.s pourrait l'aimer. Sinon, c'est pour Emmaüs. Mais il faut préciser une chose : j'achète en livre papier de manière très raisonnée, et je reçois peu de SP. Donc les acquisitions papier, depuis quelques années, ne sont pas le fruit de coups de tête, ce qui veut dire que je garde. 


Combien de temps passes-tu en librairie?

C'est très variable et la pandémie fausse complètement les choses. Dans "ma" librairie, je passe entre 15 et 45 minutes, selon que je discute ou pas avec les libraires. Je n'y suis malheureusement pas allée ces dernières semaines, à la fois parce que j'ai décidé de limiter mes achats pour faire baisser mon stock et donner leur chance à des livres que j'avais achetés et qui me tentent toujours énormément, et surtout parce que des problèmes de santé m'ont un peu clouée chez moi. Par ailleurs, quand je peux bouger de ma ville, que je suis soit à Paris (dans la vie normale tous les mois) soit ailleurs, je vais forcément dans les librairies, que je connais ou non, et j'y passe pas mal de temps, soit pour flâner soit pour acheter : et là je dirais que c'est 30 minutes en moyenne, parce que j'explore.


Combien de temps passes-tu par jour à lire?

Les jours sans, c'est 15 minutes, les jours avec, ça peut être 2-3 heures. Rarement plus, en toute honnêteté. Je passe trop de temps sur les écrans... et je trouve que mes capacités de concentration ont baissé ces dernières années.


A quel moment de la journée vas-tu réserver ton moment de lecture?

En semaine, c'est évidemment le soir parce que le reste du temps je bosse et comme tout le monde, je suis pressée. Le week-end, j'aime me mettre sur mon canapé après le petit-déjeuner et bouquiner tranquillement, en pyjama, en sirotant du café tranquillou (vous saurez tout). 


Combien de livres possèdes-tu en tout (ebooks compris)?

Impossible de répondre, surtout avec les ebooks. Des milliers, tout compris. Ben oui, je suis vieille et je lis depuis toujours, et mon métier est lié à la lecture aussi. A la maison, il y a des livres dans toutes les pièces (faut dire que c'est petit, chez nous), sauf dans la salle de bains. 


Amènes-tu souvent le sujet de la lecture dans une conversation?

Si je suis avec des gens qui lisent, oui, mille fois oui. Miss Cornélia en sait quelque chose, Babounette aussi. Et d'autres, évidemment. Et à la maison, on parle beaucoup de nos lectures, passées, en cours, à venir. 


Quel est ton plus gros livre lu?

En roman "one shot", si je puis dire, je suppose qu'il faut aller voir du côté des Russes et de Tolstoï en particulier. Sinon, si on considère que c'est UN livre, A la recherche du temps perdu


Y a-t-il un roman que tu devais avoir à tout prix? 

Je trouve qu'on vit quand même dans un pays où les livres sont disponibles durablement, et le marché de l'occasion vient compléter les choses si besoin. Donc quand je veux avoir un livre, ce n'est généralement pas si compliqué. Le dernier livre que j'ai eu un peu de mal à trouver, c'est un roman d'Andrea G. Pinketts, Turquoise fugace


As-tu déjà lutté pour finir un roman que tu refusais d’abandonner?

Quand j'étais ado, Madame Bovary. Parce que cette dinde d'Emma me faisait penser à quelqu'un de mon entourage proche, que j'étais dans une période de grande souffrance, notamment à cause de ses agissements, donc il m'était très dur de lire le roman de Flaubert. Je comprends que ça semble bizarre. Mais je savais que je me destinais à des études de lettres (j'étais au lycée) et un jour, je me suis enfermée avec le roman en me disant : "tu ne sortiras pas tant que tu n'auras pas fini ce livre". 

Désormais, je suis une grande personne, pour ne pas dire une vieille personne. Il peut m'arriver de m'obstiner dans une lecture, ou de l'abandonner provisoirement (parce que je sais que certains livres doivent attendre leur heure), mais je n'ai plus vraiment à m'obstiner : si un roman me déplaît, m'ennuie, eh bien je l'arrête. Il y a tant à lire!


Quels sont tes 3 plus importants objectifs littéraires en 2021?

J'en ai parlé par ailleurs mais je veux :

- varier encore plus mes lectures, en termes de pays, de genres ; 

- lire plus de femmes ;

- me ruer un peu moins sur les nouveautés ou moins acheter de façon compulsive pour lire ce que j'ai accumulé depuis deux ans, parce que je sais qu'il y a des trésors là-dedans.


As-tu déjà converti quelqu’un à la lecture?

Pas que je sache. Et même si je pense que lire est un des plus grands bonheurs, je sais aussi qu'on peut être très heureux et très intelligent sans lire. 


Décris ce que les livres représentent pour toi en 5 mots

Plaisir, émotion, bonheur, réflexion, oxygène.


Bon ben je crois que c'est assez clair, mais je le sais depuis toujours : je suis accro aux livres et à la lecture. CQFD. 


vendredi 23 février 2018

Les librairies de ma vie #1 Enfance

Lewis Hine, “The constant visitor, Main Children’s Room, 1914,” New York Public Library.
J'avais envie d'évoquer les librairies que j'ai fréquentées dans mon existence, et celles que je fréquente encore. Pour que ce ne soit pas un billet trop long, je le morcelle, comme je l'avais fait précédemment pour raconter la lectrice que j'étais devenue. Avant de basculer dans ce moment de "moi je personnellement", un éclair d'honnêteté : je fréquente moins les librairies depuis que j'ai une liseuse et il m'arrive de commander mes livres sur le net. Il s'agit de bouquins pour le boulot, parfois pénibles à trouver quand il ne faut pas que je les commande à l'étranger ; ou de bouquins d'occasion, tout simplement.
Mais quelles que soient mes "infidélités", les librairies restent importantes. 


J'en ai déjà parlé, la première fois que je pense avoir mis le pied dans une librairie, une vraie, c'était avec mon père, et je devais avoir 8 ans, maximum 9. Ma mère passait le permis de conduire, il faisait très lourd, et pendant que nous l'attendions, mon père m'a proposé le choix suivant : une glace ou un livre. A l'époque, j'étais déjà une fervente lectrice de Martine (voir ce billet), les livres étaient déjà une part importante de ma minuscule vie, j'ai donc, sans hésiter, choisi un livre. Nous sommes allés dans la librairie jeunesse de ma ville, qui existe encore même si elle a changé (elle s'est agrandie). Je me souviens d'une boutique assez petite, d'une libraire très gentille qui s'est penchée ou accroupie devant moi pour me poser des questions : quel âge avais-je? qu'est-ce que j'aimais lire? J'étais intimidée, mon père souriait à côté de moi. Du livre acheté je n'ai aucun souvenir. De la librairie et du moment, si. 
Et pour ceux qui se poseraient la question, ma mère a eu son permis. Je la revois s'approchant de la voiture avec son papier rose, sésame pour le permis, un grand sourire aux lèvres. Moi j'avais un livre, c'était bien mieux. Et elle a bien ri en apprenant qu'entre une glace et un livre, j'avais choisi un livre. Eh oui, j'étais déjà anormale. 

N'allez pas croire cependant que mes parents étaient des familiers des librairies : ma mère achetait mes Martine hebdomadaires au centre commercial en face de la cité (librairie ou point presse? je n'en ai pas de réel souvenir). Les années qui ont suivi, les achats de livres se faisaient : 
- en supermarché (j'ai évoqué mes achats de Alice en Bibliothèque verte avec un énorme billet de 50 ou 100 francs) ; 
- en point presse;
- à l'épicerie du village : quelques livres perdus dans les magazines, c'est là que j'ai eu un Robinson Crusoë en version "album pour enfants", ce qui a valu au chien que nous avons eu peu de temps après de s'appeler Robinson. 
- dans les rayons librairie de magasins tels que Monoprix ou les Nouvelles Galeries. Pour ceux qui connaissent ma ville, quand j'étais enfant, l'actuel rayon hygiène et soin était une enclave dédiée aux livres et aux disques, une sorte de pièce à part. Elle a survécu jusqu'aux années 1990, je pense. 

Outre la librairie jeunesse, il y a eu une autre expérience. Je pense que j'avais quelque chose comme dix ans. Pour des raisons liées à son métier, mon père allait une fois par an à Angers, ou plutôt dans les alentours. Aller-retour dans la journée, avec déjeuner à Angers. Une année, je ne sais pourquoi, je suis allée avec lui. Et à Angers, mon père m'a proposé d'aller dans une librairie, connaissant mon amour des livres. Je n'ai aucun souvenir précis, sinon celui, émerveillé, d'un lieu immense à mes yeux de petite fille, avec des étages différents, ou peut-être simplement des niveaux. C'était gigantesque, c'était merveilleux, il y avait des livres à n'en plus finir, une caverne d'Ali Baba. Nous avons reparlé des années durant, avec mon père, de cette librairie. Là encore, je suis certaine d'avoir choisi un livre, mais je n'en ai aucun souvenir. Me reste l'image d'un lieu immense dédié aux livres, rien qu'aux livres... Je suis revenue à Angers il y a quelques années : je n'ai pas cherché à trouver cette librairie, à supposer d'ailleurs qu'elle ait survécu. Je veux garder intact le souvenir. 

A suivre : l'âge bête ou comment j'ai apprivoisé les librairies.