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samedi 1 janvier 2022

Un bilan de lecture pour 2021

(moi - si si - en décembre 2021)


115 livres lus cette année : c'est un peu moins qu'en 2020. Je ne compte pas les bandes dessinées. 

Une fois encore, les livres français (auteurs français, suisses, belges) se taillent la part du lion, avec 55% des lectures. Pour la littérature étrangère, les choses ont changé, et c'est souvent lié au boulot, mais je note que les USA sont revenus en deuxième position et représentent 20% de mes lectures. 

France comprise, j'ai lu des textes venus de 24 pays. Hormis la France, le continent européen est deuxième, suivi de l'Amérique du Nord. Reste une poignée de pays : Haïti, Afrique du Sud, Egypte, suivi des lectures venues d'Asie. Je constate que le continent américain n'est représenté que par le nord, USA et Canada,. 

Certains mois, je me suis efforcée d'atteindre la parité hommes/femmes, mais le bilant n'est pas brillant : 45 livres signés par des femmes, contre 71 hommes (je sais, ça fait 116, parce que j'ai lu le Pouy - Villard). 

Qu'ai-je lu? Essentiellement du polar et du noir, et pour ce dernier, il faudrait s'entendre sur les limites du genre. Aussi ai-je renoncé à produire des chiffres. Pour des raisons qui m'échappent, j'ai lu beaucoup moins de littérature de jeunesse (ado - young adult), quelques romans. 


A nous deux, 2022.



samedi 5 juin 2021

Collections, éditions 2 : Rivages Noir & Co

 Alors que pour d'autres collections, ou maisons d'édition, j'ai le clair souvenir du premier volume que j'ai eu entre les mains, là, impossible de me rappeler quoi que ce soit. Ni titre précis, ni même auteur. C'est quand je suis revenue au polar dans ma vie de lectrice, en entrant dans la vie active, que j'ai commencé à explorer Rivages Noir. Je ne ferai pas la distinction ici avec Rivages Thriller, la collection grand format d'alors, même si je reste dingue de la maquette originelle du format poche, le côté mat, la trame de la photographie, le côté vintage et hommage des couvertures. Alors pourquoi Rivages Noir dans les collections de ma life? Je vous le dis tout de suite, je ne vous servirai pas l'habituel argument de la qualité des traductions ; même si j'entends bien que la collection a rompu avec certains usages, je suis plus nuancée dans mes constats sur cet aspect de Rivages Noir et surtout, à l'époque de ma découverte, à la fin des années 1990, ce n'était pas une préoccupation pour moi. Rivages Noir s'est imprimé de manière plus affective dans ma découverte du noir. Je dois à la collection des tsunamis littéraires et émotionnels, tout simplement.

Il y a bien sûr eu des chocs du côté des USA, et je jette ici pêle-mêle quelques titres ou noms, tout en étant persuadée que je vais en oublier : la série des Kenzie et Gennaro (à qui je dois mon pseudo) de Dennis Lehane. Il m'est impossible de retranscrire l'émotion ressentie à la lecture de Un dernier verre avant la guerre et les suivants (au bout de quelques volumes la série s'est essoufflée). Alors oui bien sûr, depuis Lehane a écrit son grand roman américain, on considère qu'il a pris une autre dimension. Mais pour moi, il avait plus d'acuité avec ces romans-là, ou avec Mystic River.  Et vous ai-je dit comme j'aimais Booba, délicieux psychopathe? 



Grâce à Pascal Dessaint, j'ai lu mon premier James Lee Burke, Dans la brume électrique avec les morts confédérés (je continue à préférer le titre "long"). Il me l'avait conseillé lors d'une discussion en marge de Livre Paris (en 2001, 2002?) et je me souviens l'avoir lu dans un train qui me menait à Lyon, par un printemps brûlant; j'en ai le clair souvenir car alors, il y avait encore une ligne Bordeaux Lyon passant par Limoges, et l'on prenait alors un très vieux train aux sièges orange en skaï, dépourvu de climatisation, qui collait bien aux cuisses, un cauchemar. J'ai relu plusieurs fois ce roman précis, et je l'aime à chaque fois. 



Toujours côté ricain, de fabuleux romans et auteurs : Craig Holden pour Les quatre coins de la nuit, une claque dans la tronche, un roman inoubliable (récemment réédité, je dis ça je dis rien). Jack O'Connell, créateur d'une ville folle et d'un univers qui ne ressemble à aucun autre. Ellroy pour Le Dahlia noir, lui aussi lu plusieurs fois, alors même que j'ai lu peu de romans de l'auteur. 



Mais alors qu'on parle toujours des grands auteur américains de la collection, j'y ai fait de fabuleuses découvertes côté français. Pascal Dessaint évidemment, probablement en 1999 avec Du bruit sous le silence. J'ai lu puis relu Pascal Dessaint et alors que certains auteurs ne "tiennent" pas la distance ou la relecture, lui reste parmi mes favoris. Hugues Pagan : j'ai déjà raconté comme j'ai découvert son univers sombre, très sombre, par une soirée d'hiver dans le silence d'une maison de campagne. Très impressionnée, j'ai lu tous ses romans. Les premiers romans noirs de Michel Quint, avant que des médias à moitié incultes, à moitié snobs, feignent de croire qu'il n'avait rien écrit avant Effroyables jardins. Dominique Manotti, déjà une de mes préférées. Et puis les Chroniques de Manchette, une référence à travers les années, inégalable. 



Je n'oublie pas les autres, les Alicia Gimenez Bartlett, les Wessel Ebersohn, et tous les autres, mais vous n'allez pas me lire pendant des heures. 

Rivages Noir a changé bien des choses dans le paysage du genre en France : la collection a aujourd'hui un catalogue de classiques, classiques amenés par la collection, ou classiques "récupérés" et retraduits, dans une logique de patrimonialisation du polar qui permet de redécouvrir des titres fondamentaux. Je trouve qu'elle connaît ces derniers temps une nouvelle vigueur, continue de chercher, d'ouvrir nos horizons. Je me suis habituée au grand format, et son identité graphique, qui ne renie pas la fabuleuse charte d'antan. Mais je reste émue par les couvertures du poche dans lequel j'ai découvert tant de fabuleux auteurs. 


lundi 31 mai 2021

Collections, éditions : 1 Le Masque

Je sais que désormais, le classement en librairie ne se fait plus, du moins dans la plupart des points de vente, par éditeurs et/ou collections. J'en comprends les raisons. Pourtant, je le regrette. En effet, si ce n'est pas mon seul principe de choix, je continue à lire DANS la collection. Je suis attentive à ce qui sort chez tel ou tel, et je me revois, en librairie, dans les années 2000-2005, flâner dans le rayon Rivages Noir, ou Folio, ou bien sûr Série noire, me laissant guider par la collection, parce que la ligne éditoriale me convenait et que je savais pouvoir y faire de fabuleuses découvertes. C'est pourquoi j'ai eu envie de faire une série de billets sur les collections et les maisons d'édition qui ont été ou sont importantes pour moi, en toute subjectivité. Je vais en aborder quelques unes, dans l'ordre qui me viendra : nulle logique donc. Je ne mentionnerai pas les collections qui m'ont accompagnée dans mon enfance car ce qu'elles sont devenues, quand elles existent encore, ne m'intéresse pas du tout. 

Je vais commencer par une maison d'édition, une collection, par laquelle tout a commencé côté polar ou presque. J'ai déjà eu l'occasion, en m'épanchant en ces pages, de vous parler de ma lecture de Dix petits nègres d'Agatha Christie dans la collection 1000 soleils. Mais ce ne fut que le prélude à mon entrée dans le polar pour les grands : Le Masque m'a permis de poursuivre ma découverte d'Agatha Christie. Je ne sais combien de temps ça a duré, mais cela a commencé quand j'étais en 6ème, et je pense que ça a bien duré deux ans. Petite lectrice boulimique et inculte (je n'avais nul repère familial pour guider mes lectures, ni pour les contrôler), j'ai enchaîné les Agatha Christie avec bonheur, et envisagé alors d'être écrivain. Ceux qui me suivent depuis longtemps se souviennent peut-être que j'avais raconté avoir écrit au Masque pour leur faire part de mon envie d'écrire des romans policiers (on rêve), et sans doute amusée par mon ambition délirante, l'équipe (qui? je ne sais) m'avait gentiment répondu... Le courrier a été perdu depuis et c'est bien dommage. A l'époque, la maquette était celle-ci:



J'ai choisi à dessein Un cadavre dans la bibliothèque et sa couv que je trouve très seventies: j'en ai un souvenir vif car le jour où je l'ai acheté, lors d'une virée shopping avec ma mère, nous avons été agressées sur le retour, en voiture, par un type bourré. Lectrice d'Agatha Christie, j'ai pensé du haut de mes 11 ou 12 ans à noter sa plaque d'immatriculation (il nous avait coincées en bagnole sur une route et tapait comme un taré sur notre voiture qu'il essayait d'ouvrir tout en hurlant). 

Ensuite mes lectures ont pris un autre tour, et je sais avoir découvert en 4ème Le Clézio et Modiano, ainsi que Balzac et Colette. Je suis revenue au polar bien plus tard. 

Le Masque n'est pas redevenu ce qu'il avait signifié pour moi (un autre a pris la place, vous verrez). Mais j'ai continué à acheter de temps à autre des romans estampillés Le Masque, dans le format poche : Sur un lit de fleurs blanches de Patricia Parry (2012) est un de mes excellents souvenirs, tout comme Michael Nava (La mort à Frisco, 2002). 


Adulte, j'ai chiné quelques volumes des premières années de la collection et j'ai par exemple celui-ci, dans un piètre état, mais que je montre à mes étudiants comme une relique quand je fais un panorama historique du roman policier, sur le plan éditorial:


Côté grand format, j'achète encore un peu de Masque, moins ces dernières années toutefois. Je pense que l'un des derniers auteurs que j'y ai suivis est Serge Quadruppani, notamment pour ceci :


Cependant, Serge Quadruppani est un auteur que je lisais avant Le Masque, et que je continue à lire ailleurs. 

Quoi qu'il en soit, je n'oublie pas Le Masque, son rôle historique essentiel dans la constitution du polar en France, son influence sur les codes graphiques du genre. On pourrait dire bien des choses sur les traductions proposées dans les premiers temps de la collection, sur le caviardage des textes, mais j'ai plutôt envie de me rappeler l'importance de cette collection dans ma vie de lectrice, la richesse de son catalogue. 

(à suivre...)


samedi 30 janvier 2021

Un petit tag pour changer

Ah ça faisait longtemps que je n'avais pas fait de tag, sans doute parce que je concentre le peu d'énergie que j'ai sur quelques chroniques qui me tiennent à coeur.  C'est parti pour un tag sur mon addiction aux livres...

Quelle est la durée maximale que tu peux passer sans lire?

Bah! en cas de panne de lecture, quelques jours, mais cela n'arrive pas souvent, deux trois fois par an. En revanche, il peut arriver que je passe une journée sans lire : si je suis en déplacement pour le boulot, ça peut arriver, ou si je suis trop crevée pour lire, même quelques pages, avant de m'endormir. Mais la norme pour moi c'est de lire quotidiennement, même quelques pages avant de m'endormir, justement.


Combien de livres emportes-tu avec toi à tout moment?

"A tout moment" serait exagéré : je n'emmène pas de livres pour aller faire des courses, par exemple, ou quand je vais au boulot (dans la vraie vie, celle sans la pandémie), parce que lire n'est pas un truc que je fais entre deux portes, cela me demande de la disponibilité d'esprit. Sinon, j'ai TOUJOURS ma liseuse sur moi, ce qui signifie que j'ai sous la main énormément de livres.


Gardes-tu tous les livres achetés/reçus ?

Je désherbe de temps à autre mes bibliothèques, pour faire de la place : mes goûts en BD ayant évolué ces dernières années, j'ai évacué certaines séries dont je sais que je ne les relirai pas/plus. Côté romans, j'ai tendance à garder, et s'il arrive que je ne garde pas un titre acheté, j'essaie de voir si un.e de mes ami.e.s pourrait l'aimer. Sinon, c'est pour Emmaüs. Mais il faut préciser une chose : j'achète en livre papier de manière très raisonnée, et je reçois peu de SP. Donc les acquisitions papier, depuis quelques années, ne sont pas le fruit de coups de tête, ce qui veut dire que je garde. 


Combien de temps passes-tu en librairie?

C'est très variable et la pandémie fausse complètement les choses. Dans "ma" librairie, je passe entre 15 et 45 minutes, selon que je discute ou pas avec les libraires. Je n'y suis malheureusement pas allée ces dernières semaines, à la fois parce que j'ai décidé de limiter mes achats pour faire baisser mon stock et donner leur chance à des livres que j'avais achetés et qui me tentent toujours énormément, et surtout parce que des problèmes de santé m'ont un peu clouée chez moi. Par ailleurs, quand je peux bouger de ma ville, que je suis soit à Paris (dans la vie normale tous les mois) soit ailleurs, je vais forcément dans les librairies, que je connais ou non, et j'y passe pas mal de temps, soit pour flâner soit pour acheter : et là je dirais que c'est 30 minutes en moyenne, parce que j'explore.


Combien de temps passes-tu par jour à lire?

Les jours sans, c'est 15 minutes, les jours avec, ça peut être 2-3 heures. Rarement plus, en toute honnêteté. Je passe trop de temps sur les écrans... et je trouve que mes capacités de concentration ont baissé ces dernières années.


A quel moment de la journée vas-tu réserver ton moment de lecture?

En semaine, c'est évidemment le soir parce que le reste du temps je bosse et comme tout le monde, je suis pressée. Le week-end, j'aime me mettre sur mon canapé après le petit-déjeuner et bouquiner tranquillement, en pyjama, en sirotant du café tranquillou (vous saurez tout). 


Combien de livres possèdes-tu en tout (ebooks compris)?

Impossible de répondre, surtout avec les ebooks. Des milliers, tout compris. Ben oui, je suis vieille et je lis depuis toujours, et mon métier est lié à la lecture aussi. A la maison, il y a des livres dans toutes les pièces (faut dire que c'est petit, chez nous), sauf dans la salle de bains. 


Amènes-tu souvent le sujet de la lecture dans une conversation?

Si je suis avec des gens qui lisent, oui, mille fois oui. Miss Cornélia en sait quelque chose, Babounette aussi. Et d'autres, évidemment. Et à la maison, on parle beaucoup de nos lectures, passées, en cours, à venir. 


Quel est ton plus gros livre lu?

En roman "one shot", si je puis dire, je suppose qu'il faut aller voir du côté des Russes et de Tolstoï en particulier. Sinon, si on considère que c'est UN livre, A la recherche du temps perdu. 


Y a-t-il un roman que tu devais avoir à tout prix? 

Je trouve qu'on vit quand même dans un pays où les livres sont disponibles durablement, et le marché de l'occasion vient compléter les choses si besoin. Donc quand je veux avoir un livre, ce n'est généralement pas si compliqué. Le dernier livre que j'ai eu un peu de mal à trouver, c'est un roman d'Andrea G. Pinketts, Turquoise fugace. 


As-tu déjà lutté pour finir un roman que tu refusais d’abandonner?

Quand j'étais ado, Madame Bovary. Parce que cette dinde d'Emma me faisait penser à quelqu'un de mon entourage proche, que j'étais dans une période de grande souffrance, notamment à cause de ses agissements, donc il m'était très dur de lire le roman de Flaubert. Je comprends que ça semble bizarre. Mais je savais que je me destinais à des études de lettres (j'étais au lycée) et un jour, je me suis enfermée avec le roman en me disant : "tu ne sortiras pas tant que tu n'auras pas fini ce livre". 

Désormais, je suis une grande personne, pour ne pas dire une vieille personne. Il peut m'arriver de m'obstiner dans une lecture, ou de l'abandonner provisoirement (parce que je sais que certains livres doivent attendre leur heure), mais je n'ai plus vraiment à m'obstiner : si un roman me déplaît, m'ennuie, eh bien je l'arrête. Il y a tant à lire!


Quels sont tes 3 plus importants objectifs littéraires en 2021?

J'en ai parlé par ailleurs mais je veux :

- varier encore plus mes lectures, en termes de pays, de genres ; 

- lire plus de femmes ;

- me ruer un peu moins sur les nouveautés ou moins acheter de façon compulsive pour lire ce que j'ai accumulé depuis deux ans, parce que je sais qu'il y a des trésors là-dedans.


As-tu déjà converti quelqu’un à la lecture?

Pas que je sache. Et même si je pense que lire est un des plus grands bonheurs, je sais aussi qu'on peut être très heureux et très intelligent sans lire. 


Décris ce que les livres représentent pour toi en 5 mots

Plaisir, émotion, bonheur, réflexion, oxygène.


Bon ben je crois que c'est assez clair, mais je le sais depuis toujours : je suis accro aux livres et à la lecture. CQFD. 


jeudi 9 janvier 2020

Bilan 2019 avec retard + envies 2020

Je sais, je ne suis pas rapide... Comme je suis en retard et que personne n'attend plus ce genre de billet, je vais essayer de faire vite. 
En 2019, j'ai lu 116 livres (je ne compte pas les BD). Je trouve que ce n'est pas si mal, en tout cas je suis dans les chiffres habituels. Il y a eu en outre quelques abandons, mais pas tant que ça, je suis du genre obstiné. Il y a nombre de lectures dont je ne vous ai pas parlé, soit parce qu'elles ne m'ont pas plu (mais c'est finalement rare, je suis bon public), soit parce que je les ai faites pour le travail et que ce n'était pas de vrais choix. Cela n'empêche d'ailleurs pas les excellentes surprises. 
Vous l'avez compris, les fêtes ne sont pas synonymes pour moi de tablées familiales ni de fiestas, et de même que j'ai passé ma soirée du 31 à lire avec ravissement, je me suis amusée à faire quelques statistiques. #booknerd
Cela m'a réservé quelques surprises. Par exemples, les USA occupent moins de place dans mes lectures qu'auparavant avec 16 titres seulement. Ils sont devancés par l'Italie (18 titres): eh oui, de Camilleri à Varesi en passant par De Giovanni (et j'en passe), les auteurs italiens ont été très présents en 2019 pour moi, et il n'y a rien eu à jeter. Néanmoins, les lectures italiennes arrivent très loin derrière les lectures françaises (60 titres). Ensuite, ex-aequo, la Pologne et la Grande-Bretagne. Eh oui, la Pologne, grâce aux éditions Agullo. 
Si je synthétise un peu plus, 16 pays sont représentés dans mes lectures. La France arrive loin devant, mais si je raisonne différemment, eh bien disons que mes lectures sont très européennes: 93 sur 116 livres sont made in Europe. 
Deux éditeurs sont plus représentés que les autres : à égalité Rivages Noir et Agullo, suivis de la Série Noire (+ La Noire) et d'Equinox. Mais à ma grande surprise, Gallmeister n'est guère présent cette année, et je le regrette : va falloir que ça change!

Ainsi, mes souhaits pour 2020 : retourner davantage vers Gallmeister, trop délaissé cette année. Poursuivre pour Agullo et Rivages, mais aussi pour Seuil Cadre noir ou Equinox. Augmenter la part de la Série Noire et de la Noire, ainsi que de Joëlle Losfeld. Aller davantage vers Métailié. 

Et tant que j'y suis, mes envies dans les premières sorties de 2020:

- déjà en stock, couvés des yeux :


- en ligne de mire de manière prioritaire:


- mais d'autres titres me font de l'oeil:


Tout cela ne préjuge en rien de mes achats à venir (comme je vous ai dit, faut que je me calme en janvier), souvent imprévisibles!
Mais 2020 commence très bien... 



mercredi 28 février 2018

Les librairies de ma vie #2 Une adolescence dans les années 80

Image empruntée ici

Enfant, donc, j'avais ma came grâce à mes parents, essentiellement : Martine, Caroline, puis Alice, et des achats de hasard, par exemple dans la collection 1000 soleils et une autre, pour Les Misérables de Victor Hugo, lu (et pas bien compris) quand j'étais au CM2.

A l'adolescence, on continue sur la même lancée, sauf qu'en 6ème, je découvre Agatha Christie : c'est le rayon Livres des Nouvelles Galeries qui me pourvoyait, pour l'essentiel. Pas de librairie, donc.
Cependant, en 5ème, à l'occasion d'une sortie au cinéma avec des copines, j'ai obtenu un crochet par la librairie toute proche. C'était alors une librairie importante du centre-ville, une institution que j'allais fréquenter ensuite, au lycée, avant qu'elle ne ferme ses portes en 1990 ou 1991 (en cédant la place à un point de vente presse/librairie/papeterie qui existe toujours). Pourquoi ce crochet? Parce que j'avais découvert Victor Hugo poète dans mon manuel scolaire, et que, ayant quelques sous en poche, après avoir vu un navet terrifiant (Rambo 2), j'avais sans doute besoin de me laver les neurones. Je me revois entrer avec mes copines, un petit groupe de presque fillettes de 5ème, probablement mal dégrossies, et moi qui m'extrais de notre petit groupe bruyant pour demander à la libraire, pas intimidée le moins du monde, Les Contemplations de Victor Hugo, que j'ai donc eu en Poésie Gallimard (volume que j'ai toujours).
Quand j'y repense, d'ailleurs, ça me sidère un peu: aucune gêne de ma part. Ni vis-à-vis de mes camarades (qui n'avaient aucune envie de traîner dans une librairie mais n'ont fait aucune remarque), ni vis-à-vis des libraires. Sans être absolument à l'aise (c'était la première fois que j'allais dans cette librairie), je n'ai pas hésité une seconde à entrer, encore moins à demander ce que je voulais. Aujourd'hui, je perçois pourtant que les librairies peuvent être intimidantes, je vois parfois des lycéens ou des collégiens  qui ne savent où chercher les livres (pour l'école) mais n'osent pas demander, et j'ai constaté la morgue involontaire de libraires dans des institutions vénérables ; je ne citerai pas de lieux, mais je songe à une librairie bruxelloise, à une autre dans le 6ème arrondissement à Paris. Cet entre-soi qu'on y entretient me révulse. Mais j'avais déjà l'assurance d'une lectrice, il faut croire, et puis c'était dans ma ville de province, où le snobisme n'était pas de mise. J'ai demandé mon recueil de poésie, on me l'a tendu et basta.

Cependant, les librairies sont restées des lieux rares pour moi durant les années collège. J'habitais à la campagne, et dans les virées "en ville" avec ma mère (essentiellement), je continuais à acheter des livres en supermarché ou aux Nouvelles Galeries. J'ai le souvenir pourtant d'un passage dans une autre librairie de ma ville, rue Jules Guesde (il y en avait plusieurs dans cette rue proche d'un grand lycée doté de classes préparatoires), avec ma marraine. J'étais en 4ème ou en 3ème, je ne sais pas trop, et je découvrais le cinéma de Chaplin. Ma marraine m'a emmenée à la librairie où j'ai choisi un livre sur le cinéaste, pas une biographie, non, une analyse de son cinéma. C'était une librairie très haute de plafond, pas très bien éclairée, avec une partie des rayonnages sur la mezzanine. Elle a ensuite déménagé (vers les Halles centrales) et a changé de nom, les locaux initiaux cédant la place à un photographe pour plusieurs années.

Les années lycée, en revanche... J'ai intégré ce lycée de centre-ville, je m'y suis sentie merveilleusement bien. Toutes proches, plusieurs librairies (3 ou 4), et pas loin non plus, des cinémas (4, oui, 4), et des cafés. Il y avait face à l'entrée des élèves la librairie où j'avais acheté Les Contemplations, mais ma prédilection allait à une petite librairie située plus haut dans le centre. Elle était tenue par deux personnes, une femme et un homme, deux spécimens jeunes et pourtant tout droit sortis des années 1970, des hippies comme on disait encore à l'époque. C'était une librairie spécialisée dans les formats poche, et elle s'appelait "Les yeux dans les poches". C'était dans une rue historique de la ville, c'était petit, chaleureux, et on n'y jugeait jamais les lectures des clients. Nous étions dans la deuxième moitié des années 1980, il y avait encore des librairies loin de toute logique de chaîne et de franchise, et des disquaires, des cinémas en masse. Je lisais de tout, surtout des classiques, j'allais beaucoup au cinéma grâce à une carte jeune et des tarifs qui n'ont rien à voir avec les 10 euros qu'il faut aujourd'hui lâcher pour voir un film, j'achetais des vinyles, des cassettes et mes premiers CD, de Springsteen, Prince (mes goûts musicaux étaient très mainstream), je passais des heures à la Tabatière à côté du lycée, en lisant Première, Best et Rock and Folk. Est-ce que c'était des années merveilleuses dont j'ai la nostalgie? Non, il y avait des aspects nettement moins marrants sur le plan personnel, sur le plan politique (la montée du FN), et c'était les années fric, mais je m'en souviens comme d'années où j'ai pris une première dose d'autonomie, où j'ai commencé à traîner longuement dans les librairies. 
L'une des librairies a donc déménagé pour un lieu plus moderne, plus clair : c'était Page et Plume, et c'était formidable. J'étais une cliente assez muette : je flânais, je choisissais, je savais parfois ce que je voulais en entrant. Je n'avais recours aux libraires que pour passer des commandes quand c'était nécessaire. De même que j'avais demandé, à douze ans, mon recueil de poésie sans hésiter, je me sentais comme un poisson dans l'eau dans les rayons de la librairie. Cela a duré des années, au moins dix je dirais, cette manie de traîner entre les livres pendant des siècles. Adolescente, j'avais peu d'argent mais je n'ai jamais eu l'impression de trop me restreindre dans mes achats de livres. Il faut dire que je savais encore repartir avec un seul livre (contrairement à maintenant), en poche dans 99,99% des cas. Et je me souviens que certains livres me semblaient chers : ainsi Antigone d'Anouilh, uniquement disponible alors à la Table Ronde (je crois), pas en poche en tout cas, trop cher pour moi, ou Le Rivage des Syrtes de Julien Gracq. Les positions de Gracq sur le poche me donnent encore envie, aujourd'hui, de sortir la boîte à baffes: sans les poches, je n'aurais pas lu ce que j'ai lu dès 12 ans, et les bibliothèques n'y auraient pas changé grand chose. Pas de livre dans l'entourage familial, pas d'habitude en médiathèque, je dois tout aux librairies et aux collections de poche.
L'adolescence est pour moi liée à ces librairies, autant qu'aux cinémas et aux cafés où je passais beaucoup de temps. Parce qu'il n'y avait pas de livres à la maison, j'ai aimé tôt avoir des livres à moi, achetés neufs ou non, lus, parfois relus. 




vendredi 23 février 2018

Les librairies de ma vie #1 Enfance

Lewis Hine, “The constant visitor, Main Children’s Room, 1914,” New York Public Library.
J'avais envie d'évoquer les librairies que j'ai fréquentées dans mon existence, et celles que je fréquente encore. Pour que ce ne soit pas un billet trop long, je le morcelle, comme je l'avais fait précédemment pour raconter la lectrice que j'étais devenue. Avant de basculer dans ce moment de "moi je personnellement", un éclair d'honnêteté : je fréquente moins les librairies depuis que j'ai une liseuse et il m'arrive de commander mes livres sur le net. Il s'agit de bouquins pour le boulot, parfois pénibles à trouver quand il ne faut pas que je les commande à l'étranger ; ou de bouquins d'occasion, tout simplement.
Mais quelles que soient mes "infidélités", les librairies restent importantes. 


J'en ai déjà parlé, la première fois que je pense avoir mis le pied dans une librairie, une vraie, c'était avec mon père, et je devais avoir 8 ans, maximum 9. Ma mère passait le permis de conduire, il faisait très lourd, et pendant que nous l'attendions, mon père m'a proposé le choix suivant : une glace ou un livre. A l'époque, j'étais déjà une fervente lectrice de Martine (voir ce billet), les livres étaient déjà une part importante de ma minuscule vie, j'ai donc, sans hésiter, choisi un livre. Nous sommes allés dans la librairie jeunesse de ma ville, qui existe encore même si elle a changé (elle s'est agrandie). Je me souviens d'une boutique assez petite, d'une libraire très gentille qui s'est penchée ou accroupie devant moi pour me poser des questions : quel âge avais-je? qu'est-ce que j'aimais lire? J'étais intimidée, mon père souriait à côté de moi. Du livre acheté je n'ai aucun souvenir. De la librairie et du moment, si. 
Et pour ceux qui se poseraient la question, ma mère a eu son permis. Je la revois s'approchant de la voiture avec son papier rose, sésame pour le permis, un grand sourire aux lèvres. Moi j'avais un livre, c'était bien mieux. Et elle a bien ri en apprenant qu'entre une glace et un livre, j'avais choisi un livre. Eh oui, j'étais déjà anormale. 

N'allez pas croire cependant que mes parents étaient des familiers des librairies : ma mère achetait mes Martine hebdomadaires au centre commercial en face de la cité (librairie ou point presse? je n'en ai pas de réel souvenir). Les années qui ont suivi, les achats de livres se faisaient : 
- en supermarché (j'ai évoqué mes achats de Alice en Bibliothèque verte avec un énorme billet de 50 ou 100 francs) ; 
- en point presse;
- à l'épicerie du village : quelques livres perdus dans les magazines, c'est là que j'ai eu un Robinson Crusoë en version "album pour enfants", ce qui a valu au chien que nous avons eu peu de temps après de s'appeler Robinson. 
- dans les rayons librairie de magasins tels que Monoprix ou les Nouvelles Galeries. Pour ceux qui connaissent ma ville, quand j'étais enfant, l'actuel rayon hygiène et soin était une enclave dédiée aux livres et aux disques, une sorte de pièce à part. Elle a survécu jusqu'aux années 1990, je pense. 

Outre la librairie jeunesse, il y a eu une autre expérience. Je pense que j'avais quelque chose comme dix ans. Pour des raisons liées à son métier, mon père allait une fois par an à Angers, ou plutôt dans les alentours. Aller-retour dans la journée, avec déjeuner à Angers. Une année, je ne sais pourquoi, je suis allée avec lui. Et à Angers, mon père m'a proposé d'aller dans une librairie, connaissant mon amour des livres. Je n'ai aucun souvenir précis, sinon celui, émerveillé, d'un lieu immense à mes yeux de petite fille, avec des étages différents, ou peut-être simplement des niveaux. C'était gigantesque, c'était merveilleux, il y avait des livres à n'en plus finir, une caverne d'Ali Baba. Nous avons reparlé des années durant, avec mon père, de cette librairie. Là encore, je suis certaine d'avoir choisi un livre, mais je n'en ai aucun souvenir. Me reste l'image d'un lieu immense dédié aux livres, rien qu'aux livres... Je suis revenue à Angers il y a quelques années : je n'ai pas cherché à trouver cette librairie, à supposer d'ailleurs qu'elle ait survécu. Je veux garder intact le souvenir. 

A suivre : l'âge bête ou comment j'ai apprivoisé les librairies. 

mardi 30 janvier 2018

Résolutions? Quelles résolutions?


Bon, bon, bon...
Je sais, j'avais dit que je freinerais les achats de livres, de BD, et c'est vrai, je m'y suis tenue pendant presque tout le mois de janvier. J'ai pioché dans les stocks, vaillamment, et j'ai lu des choses formidables. 
Mais je suis faible, que voulez-vous. Faisons donc un point sur ma défaite. 

Côté BD, mon drame s'appelle Angoulême. Eh oui, j'ai fait un passage samedi au festival, et je vous jure que j'ai fait très attention, que je me suis retenue, sans quoi je serais revenue avec une dizaine d'albums. J'ai donc acheté le tome 3 d'Irena, Varso-vie, de Morvan, Tréfouël, Evrard et Walter, chez Glénat. Toujours chez Glénat, le deuxième volume de Docteur Radar de Bézian et Simsolo. Ce sont mes seuls achats dans le Monde des bulles, le chapiteau consacré aux poids lourds du secteur, pour moi irrespirable et assez pénible : je n'ai cherché nulle dédicace, le système des tickets (dont je conçois l'utilité) me hérisse, et les files sont un cauchemar. 
J'ai passé plus de temps dans le chapiteau Le Nouveau Monde et l'espace BD alternative, c'est là que vont mes principaux intérêts en ce moment. J'ai acheté Dans le noir, de Daria Bogdanska (Rackham), que j'ai fait dédicacer, tout simplement parce que la dessinatrice était là... C'est un album que j'avais feuilleté à Bruxelles et dont j'avais très envie. J'ai offert Les voyages de Tulipe de Sophie Guerrive (2024), merveille d'humour et de poésie, dont je vous reparlerai très vite. 
La BD appelant la BD, devraient rejoindre mon stock le Journal d'Italie de David B., tomes 1 et 2 (Delcourt), Exit Wounds de Rutu Modan (Actes Sud BD), et le tome 3 de Bouche d'ombre de Martinez et Begon (Casterman). 

Côté romans, c'est la débâcle, et ma foi, tant pis...
Ont donc rejoint mon stock : 
Ma ZAD de Jean-Bernard Pouy, déjà dévoré avec gourmandise et délectation...
LaRose de Louise Erdrich
Simple mortelle de Lilian Bathelot
115 de Benoît Séverac

Mais j'hésite encore sur 
Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara
La Vespasienne de Sébastien Rutès
et ce ne sont là que deux titres qui me tentent particulièrement... 

Je suppose que je suis un cas désespéré. Mais je suis bien contente... 


vendredi 5 janvier 2018

TAG Je lis donc je suis...


Je me prête une fois encore à l'exercice, à partir des titres lus en 2017. Je ne peux faire de renvoi vers des billets, car nombre de ces romans n'ont pas été chroniqués (pour cause d'absence sur le blog)...

Vu et aimé chez Fanny et chez Virginie !  

Je me suis bien amusée en le faisant, j'espère que cela vous plaira. 


Décris-toi


Comment te sens-tu ?


Décris où tu vis actuellement



Si tu pouvais aller où tu veux, où irais-tu ?


Ton moyen de transport préféré



Ton/Ta meilleur(e) ami(e) est…



Toi et tes amis vous êtes…



Comment est le temps ?



Quel est ton moment préféré de la journée ?



Qu’est la vie pour toi ?



Ta peur ?



Quel est le conseil que tu as à donner



La pensée du jour…



Comment aimerais-tu mourir ?



Les conditions actuelles de ton âme



Ton rêve ?

A vous!