vendredi 9 août 2013

Un avant-goût de la rentrée... en noir

Début août et déjà, bien sûr, on parle de la rentrée littéraire. J’avoue ne pas m’être penchée sur les parutions à venir, néanmoins j’ai fureté sur quelques sites d’éditeurs afin de savoir si des choses excitantes se profilaient côté roman noir. Je ne suis pas dans le secret des dieux et je me contente des informations données par les maisons d’édition, mais j’en ai déjà l’eau à la bouche.
Tout bêtement, quelques parutions en poche me réjouissent :
- Le bloc de Jérôme Leroy (Folio Policier) ; je n’ai pas encore lu la production pour adultes de cet auteur mais j’ai aimé les deux romans noirs pour ados que j’ai lus ;
- Nord de Frederick Busch (Folio Policier), dans lequel on retrouve le personnage de Filles, chouette !

- un volume de la collection Quarto proposera les enquêtes de Marlowe, de Raymond Chandler, dans des traductions révisées ; alleluia !

Côté nouveautés, il y aura un nouveau Chainas, Pur ; le titre, accolé au nom de cet auteur précisément et dans cette collection (Série Noire, Gallimard) me semble très percutant, j’ai hâte !

Chez Rivages/Thriller, deux titres ont retenu mon attention :
- On ne joue pas avec la mort d’Emily St. John Mandel (bof, ce titre, non ?); mon avis était mitigé sur le premier roman paru en France, mais je n’ai pas oublié l’atmosphère, la puissance de l’écriture, et je pense que je me lancerai sans trop d’hésitations dans ce nouvel opus ;

- Né sous les coups de Martyn Waites, parfait inconnu pour moi mais le sujet m’accroche, une ville sinistrée, vingt ans après le désastre thatchérien, des vies brisées, j’ai très envie de découvrir ce roman noir !

Chez Gallmeister enfin, un roman de Bruce Holbert, Animaux solitaires : j’ai un a priori positif pour les choix de cet éditeur, celui-ci a éveillé ma curiosité.


Etant donné le retard que j’ai dans mes lectures noires, je ne me jetterai peut-être pas sur tous ces titres dès leur sortie, mais qui sait ? D’autant que certaines parutions sont d’ores et déjà annoncées en numérique, ce qui m’enchante.


Et vous, avez-vous repéré des parutions intéressantes ou restez-vous (avec sagesse) plongés dans les lectures estivales sans penser à la (lointaine) rentrée ?

mercredi 7 août 2013

Au bonheur des dames d'Emile Zola


Présentation
Au bonheur des dames est le onzième volume des Rougon-Macquart. Dans les années 1860, Denise Baudu, orpheline flanquée de deux jeunes frères, quitte sa province pour Paris, escomptant l’aide d’un oncle qui lui a promis de l’employer dans son magasin de nouveautés textiles. Mais quand elle arrive, le commerce de son oncle est mis à mal par l’expansion du tout proche Au bonheur des dames, qui séduit les clientes par les stratégies habiles de son patron, Octave Mouret.

Mon avis
C’est un peu étrange, ce qui m’a amenée à cette relecture (j’ai lu une bonne partie des Rougon-Macquart lorsque j’étais lycéenne). J’ai commencé un roman de SF de J.-P. Depotte, Les démons de Paris, qui m’est tombé des mains au bout de soixante pages (ce roman trouvera son moment plus tard, je n’en doute pas). Or, d’une part il y est fait allusion à un grand magasin parisien au début du XXème siècle – des clientes qui en sortent s’y font tuer lors d’une fusillade ; d’autre part je suis passée par Paris à ce moment-là et j’ai fait un tour dans les grands magasins du boulevard Haussmann. Et bim ! j’ai eu envie d’abandonner illico le Depotte au profit de ce bon vieux Zola, d’autant que j’avais un excellent souvenir de Au bonheur des dames.
Et vous savez quoi ? j’ai été emportée dès les premières pages. Comme de l’eau a coulé sous les ponts depuis ma première lecture et que j’oublie de toute façon les intrigues à une vitesse ahurissante, je n’avais que les grandes lignes en tête : l’écroulement du petit commerce traditionnel des nouveautés et de la confection, l’ascension folle de Mouret et de son grand magasin, (attention spoiler) l’histoire d’amour heureuse entre Denise et Mouret (de fait, les Zola qui se terminent bien, ça marque). Mais je n’avais plus toute l’intrigue en tête et il faut reconnaître que Zola s’y entend pour trousser une histoire avec des rebondissements, des virages, tout ce qu’il faut pour captiver son lecteur. Première bonne surprise : je ne me suis pas ennuyée une seconde et j’étais prise par le récit. Si je le précise, c’est que je redoute toujours la (re)lecture d’œuvres classiques car à seize ans je dévorais sans sourciller la littérature la plus exigeante et la plus aride, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui (j’ai eu quelques déconvenues ces dernières années).
Par ailleurs, j’ai été emballée par toutes les précisions que Zola apporte à la fois sur la condition sociale des employés du grand magasin et sur le développement économique de ce monstre naissant, fruit d’un capitalisme qui écrase le commerce familial environnant, en profitant de la petite révolution immobilière qui s’opère alors à Paris. Il nous livre le montage financier du grand magasin et de son expansion, les opérations immobilières capitalistes qui favorisent cette expansion, le processus économique qui permet d’accroître le chiffre d’affaires du magasin, la gestion des employés et les arguments financiers de leur motivation à vendre. J’admire la capacité que Zola a de prendre le temps de tels développements en les intégrant à l’intrigue et en réussissant à ne jamais ennuyer son lecteur. J’avais gardé l’image d’un Zola un peu didactique, littérairement peu subtil, et finalement, je redécouvre un auteur habile qui ne perd de vue ni le plaisir de son lecteur ni le propos qu’il sert. Si ce propos est solidement ancré dans le contexte économique de l’époque, il offre malgré tout des échos troublants avec les évolutions en cours dans le domaine du commerce et de l’industrie. L’échelle a changé mais les problèmes qui se posent sont comparables.
En contrepoint, il y a l’histoire d’amour entre la pauvre orpheline aux grâces discrètes et le riche entrepreneur séduisant, dans une structure de roman sentimental : rencontre, disjonction, puis nouvelle rencontre et au final, union.
Le seul bémol : une dernière page abrupte en diable. Du genre « tout est bien qui finit bien, ne nous épanchons pas, au revoir messieurs dames ».
Et un aspect dont Zola n’est pas responsable : j’ai lu le roman en ebook dans l’édition gratuite Feedbooks, dans laquelle la ponctuation a de nombreuses ratées, beaucoup de virgules manquent. Et ça n’a l’air de rien, ces petites bêtes, mais c’est bien utile pour comprendre ce qu’on lit… Cela m’a un peu gênée au fil de ma lecture.
Mais ne boudons pas notre plaisir, je me suis régalée !

Le mot de la fin
Epatant.


Emile Zola, Au bonheur des dames, 1883. Disponible dans de nombreuses éditions de poche, lu en ebook (édition gratuite Feedbooks).

dimanche 4 août 2013

L'énigme des Blancs-Manteaux de Jean-François Parot (lecture de juillet)


Présentation (éditeur)
En 1761, le jeune Nicolas Le Floch quitte sa Bretagne natale pour entrer au service de M. de Sartine, chef des affaires secrètes de Louis XV. Devenu l'un des espions du lieutenant général de police, Nicolas va vite découvrir la cruauté des hommes et la brutalité des complots : à Paris, dans le monde du crime, tout tourne autour du jeu, de la débauche et du vol qui communiquent par d'innombrables labyrinthes. Son premier meurtre le plonge au coeur des perversités de la capitale : un commissaire corrompu, une épouse ex-pensionnaire d'une maison de plaisir, un cadavre rue des Blanc-Manteaux, un bourreau médecin légiste à la morgue de la Basse-Geôle..

Mon avis
J’ai d’abord connu la série télévisée et pour tout dire, ce qui avait attiré mon attention, c’était la présence au scénario d’Hugues Pagan, dont je connais et apprécie énormément les romans noirs. J’aime la série, fait notable puisque les séries françaises ne trouvent guère grâce à mes yeux. Cela faisait longtemps que je me promettais d’essayer les romans, et quoique peu attirée par le polar historique, j’ai profité d’une offre spéciale sur la version numérique du premier volume, il y a de cela des mois. L’avis enthousiaste de Shelbylee a réveillé mon envie de découvrir les romans de Jean-François Parot, et c’est finalement en juillet que j’ai lu ce premier opus. Mon avis est très positif. Certes, l’intrigue policière n’est sans doute pas des plus originales, encore qu’à mon sens, elle soit suffisamment embrouillée pour maintenir l’attention. Et pour ma part, j’ai bien aimé le petit hommage au roman d’énigme pour dénouer l’intrigue : on met tout le monde dans la même pièce et on déballe tout !
Si je dois comparer ce qui faisait le charme de la série télé et celui de ce premier volume (précision : ce premier roman est le deuxième volet de la première saison télévisée), disons que j’ai retrouvé deux éléments séduisants à mes yeux : la langue, mâtinée de tournures XVIIIème siècle, délicieuse, précise, qui ne semble jamais un artifice ; les relations entre les personnages et la comédie du pouvoir, car Nicolas sert le Roi, on ne l’oublie jamais, il y a des codes, des comportements à avoir ou non. Nous sommes dans la période pré-révolutionnaire, le royaume se fissure.
Le roman a des charmes supplémentaires : par rapport au format de l’épisode télé, il peut développer davantage ses personnages – que les comédiens excellent cependant à incarner, je le précise. Nicolas Le Floch n’est pas à mon sens le plus intéressant dans ce premier volume. J’ai adoré Bourdeau, plus précisément évoqué, Sartine, évidemment, mais aussi M. de Noblécourt – que je trouve très différent ici – ou encore le fameux Sanson, bourreau qui fait office de médecin légiste, sorte d’expert avant la lettre, comme le fait remarquer Shelbylee. Je trouve en tout cas que le mélange entre personnages de fiction et personnages historiques est très réussi.
Autre point essentiel : l’évocation de Paris, précise, vivante, jamais ennuyeuse. On pense à des lieux qui subsistent aujourd’hui, on se prend à vouloir découvrir telle demeure. Ce n’est d’ailleurs pas un Paris enchanté et de pacotille qui est évoqué, mais une ville dans toute sa diversité, des palais aux masures, des ors au ruisseau. Je suppose que tout cela est fort documenté et cela me plaît en tout cas.
Avec cette évocation de la vie parisienne de l’époque va un autre aspect du roman que j’ai adoré : la nourriture ! Là encore, Jean-François Parot évoque aussi bien les festins aristocratiques que les pitances infectes des pires gargotes, mais pour les plats dignes de ce nom, il se fend parfois d’un semblant de recette. C’est passionnant et là aussi, très vivant, d’autant qu’il y a chez M. de Noblécourt une discussion très intéressante sur la tradition culinaire française, qui s’oppose alors à la nouvelle cuisine…
Bref, j’aimais déjà la série télé, j’ai apprécié la lecture de ce premier volume et j’ai hâte d’en lire un autre !

Pour qui ?
Pour les amateurs de polar historique et pour les amoureux de Paris.

Le mot de la fin
Bien plaisant, que diantre !


Jean-François Parot, L’énigme des Blancs-Manteaux (Les enquêtes de Nicolas Le Floch, 1), éditions Jean-Claude Lattès, 2000. Disponible en 10/18. Lu en e-book.

vendredi 2 août 2013

Un an!

Bricolé d'après une image trouvée ici


Eh ben voilà ! Ce blog a un an, comme le temps passe vite !
J’ai toujours autant de plaisir à rédiger des chroniques, à lire vos commentaires, tout comme j’aime fureter sur vos blogs, y faire des découvertes et échanger quelques mots avec vous. Bien sûr, il y a des périodes où la fatigue m’empêche de lire et/ou de rédiger des billets, d’autres où je me sens paresseuse et prends du retard pour rédiger mes avis, mais pour le moment, l’envie ne m’a pas quittée.

A bientôt !