lundi 18 mars 2024

Reine de Pauline Guéna




Présentation éditeur

« Il se réveille en sursaut. Les cris et les rires des enfants ne sont pas ceux de l’école du village, mais c’est bien l’odeur sèche du béton et celle, suffocante, de la tôle chauffée à blanc qui ont mêlé dans sa sueur et dans la crasse les années et les lieux. Il se redresse, sa prise sur l’arme resserrée, aux aguets. Les enfants se sont tus. Comme les oiseaux. »

Marco est tueur à gages. C’est un professionnel fiable et efficace qui a toujours honoré ses contrats. Jusqu’à ce jour d’été où Marco va tuer par amour.
Sa cavale commence. À ses trousses, le milieu, la police et un jeune journaliste en quête de gloire. Devant lui, rien d’autre que l’été qui n’en finit pas, et la femme qu’il aime.

Ce que j'en pense
Reine de Pauline Guéna illustre parfaitement ce que peut être un roman noir lorsqu'il se déploie hors des catégories éditoriales du genre (littéraire). Il n'est pas dénué de ce que je mets, en matière de motifs, de registre, de figures, sous le terme de roman noir, et qui est plus qu'un "regard" (même si je ne rejette pas ce terme). On y retrouve une thématique fondatrice des fictions criminelles, même si on la retrouve dans l'ensemble de la littérature : la transgression criminelle. Point d'enquête policière ici, mais des personnages qui se cherchent, se croisent. Le personnage de Léan, le journaliste en mal de promotion, est intéressant, mais évidemment, les deux figures fascinantes du roman sont Reine et Marco. Ce sont deux figures tragiques, servies par l'écriture somptueuse de Pauline Guéna. 
L'autrice sait prendre des chemins inattendus, par exemple en faisant cohabiter Léan et Marco. 
C'est un roman que j'ai refermé le coeur battant, éblouie. 

Pauline Guéna, Reine, Denoël, 2024.

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