dimanche 24 août 2014

D. de Robert Harris


Présentation (éditeur)
Paris, janvier 1895. Par un matin glacial, un officier de l'armée, Georges Picquart, assiste devant vingt-mille personnes hurlant " À mort le juif ! " à l'humiliation publique d'un capitaine accusé d'espionnage : Alfred Dreyfus. Picquart est promu : il devient le plus jeune colonel de l'armée française et prend la tête de la section de statistique – le service de renseignements qui a traqué Dreyfus. Dreyfus, lui, est condamné au bagne à perpétuité sur l'île du Diable, il n'a le droit de parler à personne, pas même à ses gardiens, et son affaire semble classée pour toujours. Mais, peu à peu, Picquart commence à relever des éléments troublants dans l'enquête, tout en lisant les lettres de Dreyfus à sa femme dans lesquelles celui-ci ne cesse de clamer son innocence. Et quand le colonel découvre un espion allemand opérant sur le sol français, ses supérieurs refusent de l'écouter. En dépit des avertissements officiels, Picquart persiste et va se retrouver lui aussi dans une situation délicate.

Ce que j'en pense
Il y a quelques jours, j’ai appris au hasard de mes déambulations sur le net que Roman Polanski travaillait à une adaptation de D., avec son auteur, Robert Harris, comme il l’avait fait pour The Ghost Writer. J’ai appris en même temps la parution de ce roman, d’ailleurs. Ayant besoin de changement radical après Troisième tombe sur la droite, je me suis dit qu’un roman sur l’affaire Dreyfus serait parfait. J’ai dévoré ce redoutable page-turner, impatiente d’atteindre la fin tout autant que je le redoutais. Pourtant, me direz-vous, on connaît la fin. Et on connaît même la totalité de l’histoire. Voire… L’affaire Dreyfus faisait partie de mes cours d’histoire (au collège? au lycée? je ne m’en souviens plus) et je l’ai recroisée depuis, par Zola ou même par Proust. Mais j’en avais gardé l’idée d’une ERREUR judiciaire, rien de moins, rien de plus. Robert Harris a beau laisser parler son imaginaire de romancier, il n’en travailla pas moins documentation à l’appui, autant dire que dans les grandes lignes (et un peu plus), ce qu’il raconte correspond au déroulement des faits. Et ce n’est pas joli joli. On n’est pas dans l’erreur judiciaire mais dans le montage pur et simple d’un dossier d’instruction militaire contre un homme qui a le double tort d’être juif et alsacien, sur fond de (pas si lointaine) défaite de 1870 et d’étalage antisémite (Drumont fait les beaux jours de la presse antisémite). Des petits arrangements aux faux caractérisés, tout est bon pour condamner Alfred Dreyfus puis pour ne pas l’innocenter, y compris la libération d’un coupable, Esterhazy. Je ne vais pas refaire ici la chronologie de l’affaire, mais disons que le roman de Robert Harris restitue avec force une France antisémite, haineuse. 
Robert Harris n’est peut-être pas l’écrivain du siècle, mais qu’il est efficace! Le choix de Picquart est bigrement malin pour relater l’affaire, et l’auteur s’y entend pour éviter la pesante reconstitution historique pour proposer un thriller politique, un roman d’espionnage haletant, rythmé, passionnant. J’ai hâte de voir ce qu’en fera Polanski, lui qui a soufflé l’idée du roman à Robert Harris et qui est passionné par le sujet. 

Robert Harris, D. (An Officer and a Spy), Plon, 2014. Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par

Natalie Zimmermann. Publication originale: 2013.

4 commentaires:

Shelbylee a dit…

Je n'avais pas non plus entendu parler de ce livre. C'est surtout l'adaptation par Polanski qui me tente en fait ^^

Tasha a dit…

Ah ah! et moi donc! ;-)

Maïté Bernard a dit…

Même sentiment. Pas sure d'avoir envie de lire le livre, mais que Polanski en fasse son prochain film, ça c'est une bonne nouvelle!

Tasha a dit…

Oui je suis certaine que ce sera intéressant!