vendredi 9 décembre 2016

Mon rapport aux livres

Image de Geo

Parfois je me demande si mon rapport aux livres est sain. Que j'aime lire, c'est un fait, et ce n'est pas nouveau. Mais j'ai une propension à l'accumulation de livres, en particulier depuis que j'ai une liseuse et que ça ne prend pas de place (je ne VOIS pas l'étendue du désastre), qui tend à la compulsion. 
Je regardais la PAL que j'avais mise en ligne: non seulement elle n'a pas maigri (je viens de rayer quoi? trois titres...) mais si j'en avais le courage, il faudrait que je l'actualise, et évidemment, elle s'allongerait. C'est ridicule, non? 

Par ailleurs, je me demande ce qui me prend le plus de temps : lire ou m'informer de toutes les manières possibles sur les livres que je pourrais découvrir et lire... De toutes les manières possibles signifie:
1. La presse: je suis abonnée à Lire et je glane irrégulièrement des idées dans des magazines et journaux (Le Monde et son supplément hebdomadaire, des hebdos de type L'Obs, Elle, etc.). 
2. Les blogs et les sites (les vôtres!) ainsi que les réseaux sociaux, surtout Facebook. Bien plus que la presse, vous me donnez des envies. 
3. Les booktubeurs. Certes, ils sont très jeunes, leurs goûts ne sont pas toujours les miens, mais j'aime leurs vidéos, leur spontanéité, et côté Young Adult, ils me donnent des idées et des repères. Mon dernier achat, qui a quelques jours, vient de là (Aeternia de G. Katz). 
4. Mes errances sur les sites d'achat en ligne, tant français qu'étrangers : Amazon, ePagine, mais aussi les sites de librairies, tout simplement. 
5. Les suggestions des amis, en particulier ma chère Miss Cornélia. 

Au final, il faut que je limite mes achats, mais ça, j'y oeuvre, et ce mois-ci, je n'ai acheté que deux bouquins : Aeternia (tome 1) de Gabriel Katz et On n'est jamais bizarre sur internet (ou presque) de Felicia Day, les deux en numérique. Certes, on n'est que le 8 décembre...

Et cela va de pair avec une autre résolution : lire des livres de ma PAL (celle que vous trouvez en ligne et les nombreux compléments que vous ne voyez pas). Soyons raisonnables : disons deux titres par mois minimum. Oui, je sais que je ne résisterai pas forcément aux envies d'acquisition. 

Je ne compte pas dans tout ça les BD. Là aussi je pourrais faire une PAL vertigineuse, mais je sais aussi que je vais aller d'ici peu à Bruxelles et que c'est un lieu de perdition pour moi... 

En tout cas, j'essaierai d'intégrer dans mon bilan mensuel un "bilan PAL", histoire de ne pas perdre de vue mes souhaits vertueux... 

mercredi 7 décembre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers (T01 à 03) de Ransom Riggs


Présentation éditeur
Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé une partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l’avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d’un orphelinat pour enfants « particuliers ». Selon ses dires, Abe y côtoyait une ribambelle d’enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des « Monstres ».Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s’enfuit sous ses yeux. Bouleversé, Jacob part en quête de vérité sur l’île si chère à son grand-père. En découvrant le pensionnat en ruines, il n’a plus aucun doute : les enfants particuliers ont réellement existé. Mais étaient-ils dangereux ? Pourquoi vivaient-ils ainsi reclus, cachés de tous ? Et s’ils étaient toujours en vie, aussi étrange que cela puisse paraître…

Ce que j’en pense
Lorsque le premier tome de cette série est paru en français, je l’avais acheté sur la foi de son atypique couverture, de son titre intriguant, sans rien savoir de l’histoire, et jusqu’à peu, je ne savais rien, mais absolument rien de l’histoire. C’est la sortie du film de Tim Burton (que je n’ai pas vu !)  et mes petites déconvenues de novembre qui m’ont convaincue de me jeter dans cette trilogie. Mon avis est partagé, mais il faut bien préciser que c’est un point de vue de lectrice adulte que je vais livrer, et je pense que de jeunes lecteurs seront conquis de bout en bout par cette œuvre.
Je commence par mes réserves : elles concernent l’intrigue, qui démarre sur les chapeaux de roue, mais qui retombe ensuite dans quelque chose de plus convenu. Dès la fin du tome 1, Miss Peregrine retrouve le chemin d’un classique roman d’aventures et de fantasy, avec sa quête, ses retournements, son suspense. Sans être prévisible dans ses détails, l’histoire est sans surprise dans son déroulement général. Par ailleurs, sans m’être ennuyée, j’avoue m’être lassée dans le tome 2 de ces incessantes poursuites, de ces répétitifs affrontements avec les Creux…
Mon impression affecte aussi ma saisie des personnages : je perçois réellement Jake comme un adolescent dans le tome 1, mais dès la fin du tome 1, je le perçois plutôt comme un pré-adolescent, ou en tout cas un jeune ado. Sans doute parce que la quête me semble ressembler à celle de héros de séries plus jeunes. Et puis il y a dans nos personnages des rappels de ceux de la saga de J.K. Rowling : la façon dont Jake se découvre capable de parler la langue des Creux, le tempérament d’Emma… et j’en passe.
Cependant, le bilan est bien mitigé, pas négatif. Cette sensation de lassitude était forte dans le tome 2 mais le tome 3 l’a estompée (sans la faire disparaître tout à fait). Dès lors que Jake comprend quel est son pouvoir particulier, je trouve que l’action regagne en intérêt, en tout cas suffisamment pour que j’aie envie de poursuivre ma lecture. Mais le tome 1 m’avait tellement emballée ! Le début avec le grand-père, l’humour léger mais bien présent, l’univers de fantasy qui se dévoile peu à peu, tout cela m’a captivée, charmée, intriguée. Maintenir mon intérêt pendant 1500 pages de manière égale était quasiment impossible.
Reste que l’univers est séduisant. J’aime les photographies, qui créent bien une ambiance Freaks, qui convoquent par certains aspects l’univers de David Lynch, de Diane Arbus. Elles sont parfaitement intégrées au récit et le ponctuent tout à la fois, et ne sont pas pour rien dans l’atmopshère poétique et étrange du roman. Si certains événements et traits de l’univers peuvent sembler convenus, d’autres, plus nombreux, sont étonnants et m’ont beaucoup plu. Ransom Riggs a assurément de l’imagination à revendre, pour le plus grand bonheur du lecteur.
Enfin, j’aime assez les références que charrie Miss Peregrine, celles que j’ai mentionnées ci-dessus, mais aussi, dans l’histoire, des personnages comme Sharon, qui fait traverser les étendues d’eau de ces Arpents infernaux sur sa barque, et cette histoire des Particuliers qui convoquent, par certains aspects (ou est-ce moi qui interprète un peu trop), la diaspora juive, le rêve d’une nation-refuge, les persécutions.
Somme toute, je suis loin d’être aussi enchantée en refermant ces volumes qu’en les ouvrant, mais je suis contente d’avoir embarqué aux côtés de Ranson Riggs.

Ranson Riggs, Miss Peregrine et les enfants particuliers :
Tome 1, Miss Peregrine et les enfants particuliers (Miss Peregrine’s Home for Peculiar Children), Bayard Jeunesse, 2012. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sidonie Van den Dries. Publication originale : 2011. Disponible en ebook.
Tome 2, Hollow City (Hollow City), Bayard Jeunesse, 2014. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sidonie Van den Dries. Publication originale : 2014. Disponible en ebook.
Tome 3, La bibliothèque des âmes (Library of Souls). Bayard Jeunesse, 2016. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sidonie Van den Dries. Publication originale : 2015. Disponible en ebook.



dimanche 4 décembre 2016

Novembre, les virus et moi


Désolée, j'ai oublié où j'avais pris ce gif... 


Les mois de novembre sont toujours, pour moi, des sas d’entrée dans l’hiver redoutés, et en cette année 2016, je n’ai pas été déçue… Outre que côté professionnel, c’était un mois très chargé, les températures ont chuté de façon significative et je suis tombée malade. Certes, ce n’était qu’une angine, pas de quoi alerter l’OMS, mais elle m’a mise KO pendant une bonne semaine et les premiers jours ont été particulièrement difficiles. Ah ! le temps béni où, jeune, je pouvais aller travailler malgré la fièvre ! Désormais, je m’effondre et suis contrainte à rester alitée, sans parler de la fatigue qui persiste ensuite. La semaine dernière encore, il n’était pas rare que je m’endorme sitôt rentrée du travail, ce qui ne m’aidait pas à lire… Je vous le dis : la vieillesse est un naufrage.
Certains d’entre vous m’ont demandé si cet arrêt forcé de quelques jours m’avait au moins permis de lire tout mon soûl. Que nenni ! Les trois ou quatre premiers jours, je ne quittais mon lit que brièvement et j’étais trop atteinte pour lire (fièvre et maux de tête). Ensuite, j’ai pu reprendre à un rythme correct mais il m’a fallu renoncer (provisoirement) à ma lecture du moment, Pukhtu de DOA. Je ne saurais l’expliquer précisément, je crois qu’il y avait plusieurs choses : la complexité de l’œuvre s’accommodait mal de mon état fébrile, sa dureté me terrifiait soudain et me mettait au bord du malaise (j’ai capitulé au moment d’une scène de décapitation), en bref j’avais besoin de lectures « faciles ». Bref, j’ai passé les jours de semi-convalescence avec une œuvre aussi monumentale en terme de nombre de pages, mais adressée à la jeunesse, susceptible de m’embarquer et de ravir mon imagination. On m’avait parlé du film de Tim Burton et j’ai donc repêché sur ma PAL une trilogie qui y dormait depuis trop longtemps : Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs.
Et voyez-vous, quand je regarde ce que j’ai lu en novembre, eh bien… je constate que je n’ai rien lu d’autre, sinon la moitié du premier tome de Pukhtu. La trilogie de Ransom Riggs fait ses 1500 pages, ceci dit, c’est donc un bilan de lecture tout à fait honorable. Le billet viendra sans tarder, mais il me faut maintenant choisir un autre livre. J’ai décidé de ne pas acheter de livre ce mois-ci. Il est très possible que ce ne soit qu’un vœu pieu, tant j’ai du mal à résister, mais ma PAL a pris des proportions ridicules, et il serait bon que je m’en occupe un peu. Je crois en tout cas que je vais rester un peu sur des lectures réconfortantes, qui ne me bousculent pas trop. L’approche des fêtes de fin d’année, période honnie, l’hiver et ses jours trop courts, l’actualité politique qui me désespère, en voilà assez pour que j’aie envie de poursuivre sur des chemins moins torturés que ceux de mon cher polar. J’ai des envies de lectures Young Adult, de bit-lit rigolote, et tant pis si ça ne me rend pas plus maligne. J’ai besoin de m’abstraire de notre monde pas vraiment sympathique, d’oublier le temps de mes lectures que le pire est à venir, que l’on massacre soigneusement notre justice, notre système éducatif et notre système de santé, que l’on désigne les plus faibles (les pauvres, les immigrés, les migrants) comme responsables du chaos sans désigner les vrais coupables. Et la littérature de « divertissement » est parfaite pour cela.



jeudi 24 novembre 2016

Amanda Knox de Rod Blackhurst et Brian McGinn


J’aime les documentaires, et j’aime les récits de crime. Après avoir été sidérée par Making a Murderer, j’ai regardé Amanda Knox. Comme tout le monde, je connaissais les grandes lignes de cette affaire, sans plus. Je l’abordais sans a priori. Le projet n’a évidemment pas la même portée que Making a Murderer, qui dressait à la fois le portrait d’une Amérique des marges et d’une justice détraquée. Il n’est pas question de cela ici, et nous savons peu de choses, au bout du compte, sur la victime ou les suspects, juste ce qu’il faut pour saisir les faits. Mais voilà encore une affaire qui trouble par ses dérives médiatiques et judiciaires. Je lis çà et là que le doute subsiste sur la culpabilité des deux jeunes amoureux. Mouais, admettons. Moi je ne vois pas grand chose, dans ce qui nous est ici présenté, qui les incrimine. En revanche, je vois une scène de crime souillée constamment par des services manquant de professionnalisme ; ce ne serait pas très grave sans la personnalité du magistrat, qui m’afflige au-delà du possible. Ce type n’est pas malhonnête, mais il se sent investi d’une mission morale (imprégnée de catholicisme), et tout le dérange dans la personnalité d’Amanda. Elle ne se comporte pas comme le doit selon ses standards une jeune femme de 20 ans, elle est trop libérée, elle n’entre pas dans les cadres. Et la fierté de ce type à être reconnu dans les rues de Pérouse après l’arrestation me dégoûte profondément, je ne vous le cache pas. Ce que montre le documentaire, c’est une instruction menée à charge, avec une interprétation orientée de toutes les preuves. J’ignore si Amanda Knox est innocente, mais il me semble que c’est ainsi qu’on fabrique les erreurs judiciaires.
Et puis il y a le journaliste. Il dit devoir sa vocation à l’affaire du Watergate, il se cache derrière le secret des sources, évoque le fait de relayer les infos qu’on lui donne sans avoir le temps de vérifier (vous n’y pensez pas)… Oui, moi je vois un type qui écrit des articles aux titres raccoleurs, qui balance des informations sur l’intimité des suspects sans respect (et sans se soucier de la vérité), je vois un type qui s’abrite derrière de grands modèles alors qu’il écrit de la merde et contribue à faire d’un fait divers un divertissement à rebondissement, je vois un type qui ne se soucie pas des dégâts qu’il fait, en toute impunité.
Je ne perds pas de vue que le documentaire est lui aussi une vision orientée, peu ou prou. Mais ce que j’évoque ici, ce qui m’a dérangée, n’est lié qu’aux propos des intéressés. A croire que les gens ne s’entendent pas.

Rod Blackhurst et Brian McGinn, Amanda Knox, USA, 2016, 90 mn. Sur Netflix.