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lundi 23 février 2015

La bit-lit du mois (Patricia Briggs, Cécilia Correia, MaryJanice Davidson, Alice Scarling)





L'image vient du blog de Emm, par ici


Et me revoici avec de la bit-lit… 
Un coup de coeur, une lecture pas tout à fait pour moi, une relecture et un abandon : voici pour les quatre lectures bit-lit du mois. 
Je commence par l’abandon, deuxième du mois, donc, après le Stephen King. Je ne sais plus comment je suis tombée sur ce titre français, paru chez un éditeur que je connais peu (euphémisme): Les aventures d’Aliette Renoir, tome 1: La secte d’Abaddon, de Cecilia Correia. L’argument me semblait sympathique: une chasseuse de vampires transformée elle-même en vampire, le tout sous l’Occupation à Paris, voilà qui promettait de l’originalité. 
Malheureusement, pour moi, ça ne fonctionne pas. L’auteure ne fait pas grand-chose de ce contexte pourtant prometteur. On croise bien quelques nazis - à qui il arrive quelques bricoles - mais sur la première moitié du roman, ça reste du saupoudrage, et ça pourrait somme toute se passer à n’importe quelle époque. Par ailleurs, les relations entre les personnages sont trop stéréotypées à mon goût et l’héroïne, qui avait tout pour être sympathique, est une tête à claques que je n’ai pu supporter tout au long du roman. Je trouve que le mélange qu’elle offre entre audace gouailleuse (la Parisienne à la langue bien pendue) et innocence de novice n’est pas très cohérent, ou du moins l’auteure ne parvient pas à en faire un personnage cohérent. Ses relations avec les séduisants vampires sont inconsistantes car vues dix mille fois. 
J’ai arrêté ma lecture à mi-parcours, et contrairement à ce que j’ai fait pour le King, je n’ai même pas eu envie d’aller voir la fin. Dommage car Cecilia Correia a une qualité: son écriture. Elle écrit fort bien. 

Autre Française: Alice Scarling, avec Requiem pour Sascha, premier volume de Lacrimosa, chez Milady. Ce n’est pas un coup de coeur et je ne suis pas certaine de lire les autres volumes, mais je le regrette. Qu’est-ce qui cloche? Pas le livre, mais moi en tant que cible. 
Curieusement, je me sens trop vieille pour cette lecture et même si je ne saurais expliquer pourquoi, c’est mon ressenti. L’histoire est solide, l’héroïne bien campée et attachante, et j’ai aimé aussi les références à une culture métal et gothique. Je ne suis pas totalement convaincue par le héros, trop angélique à mon goût (j’me comprends). Alice Scarling écrit bien. Bref, c’est une lecture très recommandable, mais pas tout à fait pour moi. 

Cela faisait un moment que je me promettais de remettre le nez dans la série de MaryJanice Davidson, Queen Betsy, dont j’avais lu le premier volume, Vampire et célibataire. J’avais gardé le souvenir d’une lecture plaisante, à la drôlerie certaine mais parfois un peu forcée, et le fait est que je n’avais pas poursuivi. Mais j’étais alors novice en bit-lit, j’ai par conséquent eu envie de relire ce premier tome pour voir si j’accrochais davantage. Oui et non. 
Oui, parce que j’ai davantage ri que la première fois, les dialogues et les situations sont souvent irrésistibles. Non parce que j’ai trouvé une fois de plus l’humour omniprésent au point d’en être forcé, sans contrepoint émotionnel comme chez Darynda Jones, par exemple. Je pense toutefois que je me laisserai tenter par un deuxième tome, histoire de voir. 

Enfin, mon coup de coeur : L’appel de la lune, premier volume de la série consacrée à Mercy Thompson par Patricia Briggs. 
Je ne suis pas aussi enthousiaste que pour la série de Darynda Jones, car l’humour y est moins « barré », mais tout de même, c’est un grand plaisir de lecture. J’ai tout de suite aimé l’héroïne, qui possède son propre garage et est une fondue de mécanique. Elle se transforme en coyote, et c’est bête, hein, mais ça change… J’adore les vampires et les loups-garous qui l’entourent, et l’intrigue m’a tout de suite accrochée. Je suis ravie de cette découverte, et j’ai même commandé le premier volume du comics qui en a été adapté (je l’attends). 

Briggs Patricia, L’appel de la lune (Blood Bound), Milady, 2009. Traduit de l’anglais (Etast-Unis) par Lorène Lenoir. Publication originale: 2007.
Correia Cécilia, Les aventures d’Aliette Renoir Tome 1: La secte d’Abaddon, Rebelle, 2012.
Davidson MaryJanice, Vampire et célibataire (Undead and Unwed), Milady, 2011. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Cécile Tasson. Publication originale: 2004. 
Scarling Alice, Lacrimosa Tome 1: Requiem pour Sascha, Milady, 2014.

Tous ces livres sont disponibles en ebook. Celui des éditions Rebelle est émaillé de nombreuses fautes de langue…

dimanche 2 novembre 2014

Rage de dents - Maeve Regan tome 1 de Marika Gallman


Présentation (édtiteur)
Avant, ma vie était simple : l'université si j'en avais envie, les hommes quand j'en avais envie.
Et je n'avais aucun problème qu'un barman ne puisse m'aider à résoudre. Mais là, depuis un moment, rien ne va plus. Le type sexy qui me draguait a rendu son déjeuner quand on a voulu concrétiser. J'ai cassé le nez du copain de ma meilleure amie, et elle ne l'a pas très bien pris. Lui non plus, d'ailleurs. Ensuite, je me suis mise à faire des cauchemars.
Et tout ça, c'était avant qu'une bande de vampires décide de redécorer mon appart et qu'un colosse me kidnappe.
Quand je vous dis que ce n'est pas ma semaine...


Ce que j'en pense
Il faut que j’avoue: je trouve depuis quelques temps déjà bien du plaisir à lire une littérature que je n’aurais considérée qu’avec mépris jadis. La bit-lit et autres avatars d’une fantasy urbaine ciblant un lectorat féminin me détend, pour peu que je fasse des choix judicieux dans une production variée et pléthorique. Je m’étonne moi-même d’en lire et surtout d’aimer en lire, et pour tout dire, j’ai encore un peu de mal à assumer ces  lectures de pur divertissement. 
Bref, j’en viens à Rage de dents, de la francophone Marika Gallman. Ce premier tome de la série des Maeve Regan me laisse une impression mitigée. J’aime le personnage de Maeve, très jeune femme libérée, avec un fort penchant pour les rencontres d’une nuit et l’alcool, et affligée d’une forte propension à la colère. Ce côté trash de l’héroïne m’a séduite. J’aime également l’humour de la série, même si certains passages sont un peu prévisibles en la matière. Je crois d’ailleurs que c’est une condition sine qua non pour que j’apprécie ce genre: il me faut de l’humour, de la dérision, sans quoi je risque de m’ennuyer. Les scènes de bagarre et autres affrontements sont assez jubilatoires, avec ce petit côté girl power qui n’est pas pour me déplaire: Maeve n’a peur de rien, surtout pas des machos et autres mâles enclins à frapper les femmes; cela donne quelques échanges réjouissants. D’une manière générale, j’aime dans cette littérature le point de vue féminin, que ce soit dans les rapports sociaux ou les scènes de sexe, et si stéréotypes il y a, ils sont différents de ceux que je lis sous des plumes masculines, c’est déjà ça. 
Qu’est-ce qui tempère mon enthousiasme? 
Comme je l’ai dit, l’humour est assez prévisible, et il manque à mon sens une certaine force à cet univers: ce qui me séduit terriblement dans les Charley Davidson, c’est la puissance comique des personnages, de Charley aux personnages les plus éphémères, et le comique de répétition (pas au sens strict du terme) qui se met en place de volume en volume; il y a chez Darynda Jones (comme chez Janet Evanovich dans un autre genre) une créativité folle et barzingue, qui me fait m’esclaffer. Mais je suis consciente que je n’ai lu que le premier volume de cette série et que je pourrai mieux juger de cette supposée fragilité ultérieurement. 
Autre défaut: une certaine faiblesse dans l’écriture. Quelques passages m’ont semblé terriblement mal écrits, des formulations m’ont fait dresser les cheveux sur la tête, et je ne peux accuser ici une traduction hâtive… Je n’ai jamais attendu de la bit-lit une recherche stylistique dont on se fiche ici, mais une belle écriture, ou tout au moins une écriture un peu plus ferme serait bienvenue. J’avoue avoir parfois grincé des dents à la lecture de certaines phrases… 
Je pense néanmoins lire le tome 2, pour me faire une idée plus juste. L’intrigue ne me donne pas d’impatience particulière, mais je veux savoir si mon impression évolue ou non. Mais je sais déjà que je vais me mettre en quête d’une autre série de bit-lit propre à assurer ma détente. 


Marika Gallman, Rage de dents, Maeve Regan tome 1, Milady, 2012. Disponible en ebook. 

vendredi 22 août 2014

Troisième tombe sur la droite de Charley Davidson


Présentation (éditeur)
Charley, la plus délurée des faucheuses, est de retour! Mais elle boit des quantités astronomiques de café pour rester éveillée. Sans quoi, elle n’échappe pas  la vision terrifiante qui s’impose à elle dès quelle ferme les yeux: Reyes, le fils de Satan qu’elle a emprisonné pour l’éternité. Pourra-t-elle retrouver une personne disparue, apaiser son père grincheux et affronter un gang de motards sanguinaires alors que le fils du Diable refuse de renoncer à la séduire et  se venger d’elle?

Ce que j’en pense
J’ai beaucoup aimé les deux premiers volumes de cette série, mais ce troisième volume prend en ampleur. Ou plutôt, l’univers étant mis en place, Darynda Jones peut se laisser aller à sa fantaisie en toute connivence avec sa lectrice. L’intrigue est captivante, ou plutôt les intrigues, car il y a d’un côté l’enquête sur ce curieux docteur dont la femme a disparu, de l’autre l’aventure à rebondissements avec le divin - que dis-je, le diabolique - Reyes Farrow. Et puis il y a ces situations rocambolesques et hilarantes, qui me font penser au ton des Stephanie Plum, situations dans lesquelles notre héroïne converse avec des morts parfois bien barrés, des motards pas si effrayants, et même un mineur bien utile. Sans oublier Cookie, évidemment. J’aime la légèreté de cette série, sa fantaisie, son rythme endiablé, son humour, ses personnages, et si je ne commence pas tout de suite le quatrième tome, c’est uniquement pour faire durer le plaisir, car les volumes nous sont comptés!


Darynda Jones, Troisième tombe tout droit (Third Grave Dead Ahead), Charley Davidson T03, Milady, 2012. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Isabelle Pernot. Publication originale: 2012.

mardi 12 août 2014

Challenge Pavé de l'été : L'école de la nuit (Le livre perdu des sortilèges T02) de Deborah Harkness


Présentation (éditeur)
Diana Bishop, jeune historienne héritière d'une puissante lignée de sorcières, et le vampire Matthew Clairmont ont brisé le pacte qui leur interdisait de s'aimer. Quand diana a découvert l'Ashmole 782, un manuscrit alchimique, à la bibliothèque d'Oxford, elle a déclenché un conflit millénaire. La paix fragile entre les vampires, les sorcières, les démons et les humains est désormais menacée.

Déterminés à percer le mystère du manuscrit perdu, et tentant d'échapper à leurs ennemis, Diana et Matthew ont fui à Londres... en 1590. Un monde d'espions et de subterfuges, qui les plonge dans les arcanes du passé de Matthew et les confronte aux pouvoirs de Diana.
Et à l'inquiétante École de la nuit.



Ce que j'en pense
Il y a quelques mois, je me suis laissée embarquer par le premier volume de la trilogie de Deborah Harkness, Le livre perdu des sortilèges. Comme ce n'était pas un mince volume, j'ai patienté avant de m'attaquer au tome 2, L'école de la nuit, l'été me semblant propice à une telle lecture. Et puis quand je me suis inscrite au challenge estival proposé par Brize, L'école de la nuit m'a semblé parfait pour le "pavé de l'été"! 
J'ai eu grand plaisir à retrouver les personnages et à en découvrir de nouveaux au gré de ce volume qui prend place dans l'Angleterre élisabéthaine. Nos deux héros se réfugient dans ce passé où notre vampire bien-aimé, Matthew, se meut avec aisance, afin de retrouver le manuscrit Ashmole 782. Diana va apprendre à connaître sinon à maîtriser sa magie, tandis que Matthew retrouve ses vieux amis, parmi lesquels un certain Christopher Marlowe... Ce n'est pas le moindre des charmes de ce deuxième volume que de nous faire explorer le Londres du 16e siècle, et Deborah Harkness utilise de manière romanesque et remarquable sa formidable érudition, relisant à sa manière et pour les besoins de l'intrigue certaines figures et certains événements attestés. 
En revanche, L'école de la nuit s'éloigne assez nettement de la bit-lit, me semble-t-il, car l'histoire d'amour entre notre sorcière et le vampire se porte bien (merci pour eux), et n'est pas un enjeu romanesque fort. Le roman reste toutefois solidement ancré dans la fantasy, Diana explorant ses aptitudes surnaturelles dans une atmosphère de chasse aux sorcières.
L'ensemble est captivant, charmant, érudit et pourtant léger. Deborah Harkness n'a pas d'autre but que de divertir, et elle accomplit sa mission avec brio. J'ai hâte, ô combien, de lire le troisième volume, annoncé pour l'automne*. 
Bref, ce fut un pavé de l'été enthousiasmant. Pour aller sur la page récapitulative du Pavé de l'été chez Brize, c'est ici !!!!

Deborah Harkness, L'école de la nuit, Orbit, 2012. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pascal Loubet. Disponible en Livre de Poche : 936 pages.  


* Le nœud de la sorcière est annoncé pour octobre 2014, chez Orbit évidemment. 

samedi 31 mai 2014

Etiquette & Espionnage de Gail Carriger


Présentation
Nous sommes dans l’Angleterre du XIXè siècle et nous faisons la connaissance d’une jeune fille de quatorze ans, Sophronia. Elle fait le désespoir de sa mère: intrépide, curieuse, elle se montre rétive aux bonnes manières qu’une future lady se doit d’avoir. Aussi sa mère décide-t-elle de l’envoyer au pensionnat de Mlle Géraldine, une institution qui a pour mission le perfectionnement des jeunes demoiselles… C’est un bien curieux pensionnat que découvre, après un trajet mouvementé, Sophronia.

Ce que j’en pense
Même si Le protectorat de l'ombrelle n'a rien de choquant, de difficile ou d'effrayant, il va de soi que c'est une série qui s'adresse aux adultes. Gail Carriger a eu l'idée de décliner son univers pour un lectorat plus jeune dans une nouvelle série dont Etiquette & Espionnage est le premier volume. Quoique ma lecture ait été un peu chaotique, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le livre, elle m'a enchantée. Voilà un nouveau personnage féminin insubordonné à souhait, dérogeant aux codes de la bonne société anglaise du XIXe siècle, et que sa famille envoie au pensionnat de Mademoiselle Géraldine, dans le but de lui faire acquérir les bonnes manières, l'étiquette, mais aussi de la former à un drôle de métier, espionne… Dans le pensionnat flottant (je n'en dis pas plus), elle va se faire des amis, notamment dans la section des machines qui  animent ce curieux pensionnat. La force du roman est de reprendre certains personnages du Protectorat de l’ombrelle, dans leur version enfantine, tout en faisant de vrais personnages, doté de leur individualité. D'ailleurs, les jeunes lecteurs pourront découvrir son univers par ce roman sans connaître les précédents. En revanche, pour le lecteur adulte qui a dévoré sa série précédente, le fait de connaître cet univers, ces personnage et ce qu'ils deviennent est immensément savoureux. 
Autre point fort de ce roman, la capacité de l'auteure à proposer un univers original, tout aussi steampunk que dans Le protectorat, avec des machines, de la vapeur, et un univers rétro futuriste bigrement séduisant. Là encore, Gail Carriger fait fort. Elle s'amuse à imaginer le monde avant le protectorat, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. 
Etiquette & Espionnage met en place l'univers et les personnages de la série, sans lenteur, de sorte que le lecteur est rapidement pris par l'intrigue. Pour ma part, j'ai bien sûr quelques regrets d'avoir terminé Le protectorat de l'ombrelle, mais cette nouvelle série, bien écrite pour un jeune public, me permet de prolonger le plaisir, ce qui n'est pas rien. Fin septembre, les éditions Orbit publieront le deuxième volume de la série. Ça donnerait presque envie d'être à la rentrée…

Pour qui?
C'est lisible pour de jeunes lecteurs, depuis 12-13 ans, je dirais. Et c'est un immense plaisir aussi pour les lecteurs adultes qui aiment l'univers de Gail Carriger.


Gail Carriger, Etiquette & Espionnage (Etiquette & Espionage), Le pensionnat de Mlle Géraldine, volume 1, Orbit, 2014. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sylvie Denis. Publication originale: 2013. Disponible en ebook.

samedi 17 mai 2014

Le Livre perdu des sortilèges de Deborah Harkness


Présentation (éditeur)
Diana Bishop a renoncé depuis longtemps à un héritage familial compliqué pour privilégier ses recherches universitaires, une vie simple et ordinaire. Jusqu’au jour où elle emprunte un manuscrit alchimique : l’Ashmole 782. Elle ignore alors qu’elle vient de réveiller un ancien et terrible secret – un secret convoité par de nombreuses et redoutables créatures. Dont Matthew Clairmont. Un tueur, lui a-t-on dit. Malgré elle, Diana se retrouve au coeur de la tourmente.

Mon avis
Voilà un roman que je n'aurais jamais cru lire, car a priori, je ne suis guère friande des histoires de vampires et de sorcellerie. Mais il faut croire que les goûts changent à tout âge, car j'ai pris grand plaisir à lire ce premier volume des aventures de Diana Bishop et de Mathew Clairmont, respectivement sorcière américaine issue de la prestigieuse lignée des Bishop de Salem, et vampire redoutable, et comme il se doit, diablement séduisant.
Quoique maniant des motifs de la littérature fantastique, ce roman se situe plutôt dans le genre de la fantasy, peuplé qu'il est de vampires, sorcières et démons en tous genres, sans que ce soit étonnant. Tout ce petit monde se reconnaît et s'efforce de passer inaperçu auprès des humains. Cela m'a plu. Le roman se situe essentiellement dans trois lieux: Oxford, dont les vieilles bâtisses se prêtent à ces apparitions et à la magie, le château des Sept Tours, situé quelque part du côté de Clermont-Ferrand, et la demeure familiale des Bishop aux États-Unis. Les trois lieux sont propices au surnaturel chacun à leur manière, et j'ai aimé les trois ambiances, avec mention spéciale pour Oxford et la maison hantée et frémissante des Bishop, sans doute plus dépaysants pour moi que la demeure médiévale des Clairmont.
J'ai également aimé le rythme de l'intrigue. Je sais que certains critiques ou lecteurs ont déploré la lenteur des deux premiers tiers du roman, mais je ne partage pas cette impression, je ne me suis pas ennuyée une seconde, et au contraire, c’est sur la fin que j'aurais apprécié une petite accélération.
Côté surnaturel, je ne suis certes pas familière de ces codes, mais j'ai aimé certains moments. Ceux où la sorcière Diana découvre des pouvoirs qu'elle ne maitrise pas du tout, moi ça m'épate mais peut-être est-ce d'une banalité affligeante. N'empêche, j'ai trouvé sympathiques certains pouvoirs, celui du feu ou celui de l'eau.
D'autres lecteurs trouvent l'histoire d'amour envahissante. De fait, son importance et certains stéréotypes afférents me font penser que c'est un public féminin qui est ciblé, et qu'en tout cas les lecteurs pourront s'agacer un peu de ces moments de romance. Pour ma part, j'ai marché et j’ai aimé, notamment les débuts, et le côté stéréotypé était sans doute ce que j'attendais, pour une fois. Il faut dire que l'héroïne n'est pas trop nunuche, dans ces conditions le côté protecteur et chevaleresque du beau Mathew ne m'a pas embêtée, ça faisait partie du jeu et c'était très bien comme ça. De beaux personnages secondaires viennent enrichir le roman, qu'il s'agisse de redoutables créatures ou d'amusants alliés de nos héros. La galerie familiale est savoureuse. Sarah et Em forment un couple irrésistible et un peu léger du côté de l'héroïne. Marthe et la terrible Ysabeau offrent un joli duo du côté de Mathew.
Enfin, j'ai apprécié de ne pas avoir l'impression de lire une œuvre de pure fantaisie débridée, versant entièrement dans le fantasque. Non, Deborah Harkness fait montre d'érudition en ce qui concerne l'alchimie mais aussi plus largement les époques traversées par ses personnages. Et même si ce n'est pas primordial, cela donne un peu de corps au roman, j'ai trouvé cela agréable. Cela donne d'ailleurs une belle épaisseur à certaines discussions animées entre les personnages. Bref, une pincée d'érudition, deux de surnaturel, et une belle poignée de romance, telle est la formule de ce roman qui m'a emportée pendant 800 pages...Je ne vais pas me jeter tout de suite sur le deuxième volume par crainte de l'essoufflement, mais je sors enchantée de ce premier volume.

Pour qui ?
Pour les amateurs de sorcellerie et de fantaisie bien romanesque. Parçe que certaines scènes sont assez dures et violentes, à réserver tout de même aux plus de 15 ans, tout de même.

Le mot de la fin
Enchanteur !


Deborah Harkness, Le Livre perdu des sortilèges (A Discovery of Witches), Orbit, 2011. Disponible en Livre de Poche et en numérique.

mardi 16 juillet 2013

Sans coeur (Le Protectorat de l'ombrelle 4) de Gail Carriger


Je ne serai pas longue, que dire que je n’aie déjà dit ? Le plaisir de la lecture du Protectorat de l’ombrelle ne réside pas tant dans les intrigues, encore qu’elles recèlent leur lot de rebondissements en tout genre, que dans les interactions entre les personnages. Gail Carriger a cette capacité à réutiliser les mêmes protagonistes tout en renouvelant les relations qui les lient. Ici, on découvre sous un nouveau jour la reine de la ruche, on voit les époux Maccon déménager, et le côté steampunk est toujours aussi fou avec la machine tueuse de Mme Lefoux… Il y a même des porcs-épics zombies des plus surprenants.
J’hésite un peu à commencer tout de suite la lecture du cinquième et dernier volume de la série, je fais durer le plaisir…

Gail Carriger, Sans coeur - Le Protectorat de l'ombrelle 4 (Heartless - The Parasol Protectorate), Orbit, 2012. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Sylvie Denis. Publication originale: Little, Brown & Company Inc., 2011.