samedi 17 mai 2014

Le Livre perdu des sortilèges de Deborah Harkness


Présentation (éditeur)
Diana Bishop a renoncé depuis longtemps à un héritage familial compliqué pour privilégier ses recherches universitaires, une vie simple et ordinaire. Jusqu’au jour où elle emprunte un manuscrit alchimique : l’Ashmole 782. Elle ignore alors qu’elle vient de réveiller un ancien et terrible secret – un secret convoité par de nombreuses et redoutables créatures. Dont Matthew Clairmont. Un tueur, lui a-t-on dit. Malgré elle, Diana se retrouve au coeur de la tourmente.

Mon avis
Voilà un roman que je n'aurais jamais cru lire, car a priori, je ne suis guère friande des histoires de vampires et de sorcellerie. Mais il faut croire que les goûts changent à tout âge, car j'ai pris grand plaisir à lire ce premier volume des aventures de Diana Bishop et de Mathew Clairmont, respectivement sorcière américaine issue de la prestigieuse lignée des Bishop de Salem, et vampire redoutable, et comme il se doit, diablement séduisant.
Quoique maniant des motifs de la littérature fantastique, ce roman se situe plutôt dans le genre de la fantasy, peuplé qu'il est de vampires, sorcières et démons en tous genres, sans que ce soit étonnant. Tout ce petit monde se reconnaît et s'efforce de passer inaperçu auprès des humains. Cela m'a plu. Le roman se situe essentiellement dans trois lieux: Oxford, dont les vieilles bâtisses se prêtent à ces apparitions et à la magie, le château des Sept Tours, situé quelque part du côté de Clermont-Ferrand, et la demeure familiale des Bishop aux États-Unis. Les trois lieux sont propices au surnaturel chacun à leur manière, et j'ai aimé les trois ambiances, avec mention spéciale pour Oxford et la maison hantée et frémissante des Bishop, sans doute plus dépaysants pour moi que la demeure médiévale des Clairmont.
J'ai également aimé le rythme de l'intrigue. Je sais que certains critiques ou lecteurs ont déploré la lenteur des deux premiers tiers du roman, mais je ne partage pas cette impression, je ne me suis pas ennuyée une seconde, et au contraire, c’est sur la fin que j'aurais apprécié une petite accélération.
Côté surnaturel, je ne suis certes pas familière de ces codes, mais j'ai aimé certains moments. Ceux où la sorcière Diana découvre des pouvoirs qu'elle ne maitrise pas du tout, moi ça m'épate mais peut-être est-ce d'une banalité affligeante. N'empêche, j'ai trouvé sympathiques certains pouvoirs, celui du feu ou celui de l'eau.
D'autres lecteurs trouvent l'histoire d'amour envahissante. De fait, son importance et certains stéréotypes afférents me font penser que c'est un public féminin qui est ciblé, et qu'en tout cas les lecteurs pourront s'agacer un peu de ces moments de romance. Pour ma part, j'ai marché et j’ai aimé, notamment les débuts, et le côté stéréotypé était sans doute ce que j'attendais, pour une fois. Il faut dire que l'héroïne n'est pas trop nunuche, dans ces conditions le côté protecteur et chevaleresque du beau Mathew ne m'a pas embêtée, ça faisait partie du jeu et c'était très bien comme ça. De beaux personnages secondaires viennent enrichir le roman, qu'il s'agisse de redoutables créatures ou d'amusants alliés de nos héros. La galerie familiale est savoureuse. Sarah et Em forment un couple irrésistible et un peu léger du côté de l'héroïne. Marthe et la terrible Ysabeau offrent un joli duo du côté de Mathew.
Enfin, j'ai apprécié de ne pas avoir l'impression de lire une œuvre de pure fantaisie débridée, versant entièrement dans le fantasque. Non, Deborah Harkness fait montre d'érudition en ce qui concerne l'alchimie mais aussi plus largement les époques traversées par ses personnages. Et même si ce n'est pas primordial, cela donne un peu de corps au roman, j'ai trouvé cela agréable. Cela donne d'ailleurs une belle épaisseur à certaines discussions animées entre les personnages. Bref, une pincée d'érudition, deux de surnaturel, et une belle poignée de romance, telle est la formule de ce roman qui m'a emportée pendant 800 pages...Je ne vais pas me jeter tout de suite sur le deuxième volume par crainte de l'essoufflement, mais je sors enchantée de ce premier volume.

Pour qui ?
Pour les amateurs de sorcellerie et de fantaisie bien romanesque. Parçe que certaines scènes sont assez dures et violentes, à réserver tout de même aux plus de 15 ans, tout de même.

Le mot de la fin
Enchanteur !


Deborah Harkness, Le Livre perdu des sortilèges (A Discovery of Witches), Orbit, 2011. Disponible en Livre de Poche et en numérique.

5 commentaires:

Maïté Bernard a dit…

Que faire? Le lire ou ne pas le lire...J'avais été attirée en le découvrant en librairie, mais je l'avais reposé parce que j'avais déjà pas mal de bouquins dans les mains ce jour là. Depuis j'ai lu plein de critiques très énervées, pour, de temps en temps, comme chez vous, quelques bonnes critiques. Alors je le garde en tête mais je ne passe jamais à l'acte...

Maïté Bernard a dit…

Que faire? Le lire ou ne pas le lire...J'avais été attirée en le découvrant en librairie, mais je l'avais reposé parce que j'avais déjà pas mal de bouquins dans les mains ce jour là. Depuis j'ai lu plein de critiques très énervées, pour, de temps en temps, comme chez vous, quelques bonnes critiques. Alors je le garde en tête mais je ne passe jamais à l'acte...

Tasha a dit…

Oui j'ai vu pas mal de réactions négatives sur Babelio, Booknode et Goodreads. Je pense que mon enchantement vient aussi de ma naïveté vis-à-vis d'un genre que je fréquente peu. Et il y a de quoi hésiter devant le pavé... Je crois qu'il est tombé au bon moment pour moi!

Miss Cornelia a dit…

Un grand merci à vous grande Tasha, j'ai dévoré ce pavé avec une belle délectation...certes il y a des longueurs, au début et à la fin, mais bon sang, cette maison de sorcières vivante et coquine est une vraie jolie trouvaille...je refuse de bouder mon plaisir!

Tasha a dit…

Oui des longueurs, c'est clair. Je suis bien contente, Miss Cornélia!