jeudi 6 décembre 2012

Penelope Green, tome 1: La chanson des enfants perdus de Béatrice Bottet



Présentation (quatrième de couverture)
NOM : Green
PRENOM : penelope
SITUATION FAMILIALE : orpheline, unique héritière du journaliste JAMES ALEC GREEN
AMBITION (SCANDALEUSE) : devenir journaliste
SIGNES PARTICULIERS : une envie d’étrangler son prétendant, cette endive de WILFRID, et un goût prononcé pour l’aventure et le danger.
Penelope Green décide de reprendre une mystérieuse enquête de son père : le dossier FOXGLOVE COURT.
Quel terrible secret va-t-elle découvrir, dans les bas-fonds de Londres ?

Mon avis
J’ai plongé avec délices dans cette série jeunesse victorienne. Néanmoins, je vais commencer par évoquer mes réserves. Je n’ai pas été séduite d’emblée par le personnage de Penelope Green, qui a une bonne dose de naïveté et qui a besoin de tout le tome pour commencer à prendre de l’ampleur. J’ai trouvé l’histoire un brin prévisible : un lecteur adulte perçoit rapidement que le musicien n’est pas un gentil personnage, que les petits forçats qui jouent pour lui pourraient avoir un lien avec d’autres enfants disparus. Mais cette réserve est imputable au fait que je suis, précisément, une lectrice adulte : je ne doute pas que l’intrigue soit pleinement satisfaisante pour de jeunes lecteurs, et je pense même qu’elle est relativement complexe pour eux.
En tout cas, en dépit de ces réserves, qui font que j’aime un tout petit moins cet univers que celui de The Agency, j’ai lu le roman avec plaisir et continuerai sans nul doute la série (j’ai d’ores et déjà le tome 2). J’ai apprécié que Béatrice Bottet ne nous propose pas un Londres d’opérette, une vision victorienne enchantée : elle montre très bien tout ce qui sépare les classes sociales et nous emmène dans l’East End sans trop édulcorer la réalité de la misère. Avec Penelope, elle évoque sans ambages la domination masculine d’une société qui n’entend rien céder aux femmes et réprouve toute initiative féminine visant à quelque émancipation que ce soit. Le propos est clair, direct, cela m’a plu. J’aime enfin beaucoup le personnage de Cyprien, intrépide, courageux sans être outrageusement héroïsé.
L’intrigue est trépidante, les rebondissements nombreux, et l’ensemble reste fluide. On alterne entre de purs moments de suspense (voire d’effroi) et quelques intermèdes plus drôles (le soupirant de Penelope et sa mère, Mrs Black, qui veille sur la jeune fille et s’offusque de sa liberté). Bref, un roman rythmé !

Pour qui ?
De bons lecteurs de 12-13 ans, il me semble : la multiplicité (relative) des personnages, les rebondissements, le propos développé, les atmosphères requièrent à mon avis de bonnes compétences de lecture.
Et pour les grands qui aiment la littérature de jeunesse intelligente qui brossent des atmosphères victoriennes réalistes et romanesques à la fois.

Le mot de la fin
A suivre, assurément.

Béatrice Bottet, Penelope Green. Tome 1 : La chanson des enfants perdus, Casterman, 2011.

4 commentaires:

Shelbylee a dit…

Tes réserves me rassurent car moi aussi j'adore The Agency et du coup tout le monde m'a conseillé Pénélope. J'ai téléchargé l'extrait sur le kindle et je n'avais pas été emballée. Vu ce que tu écris, je ferais sans doute l'effort de le lire !

Tasha a dit…

Pareil pour moi : comme j'avais aimé The Agency, on m'a conseillé Penelope Green. Mais j'aime moins que The Agency, qui m'avait vraiment emballée.

Miss Cornelia a dit…

Perso, j'ai fait la lecture de ces romans dans l'autre sens, Penelope au début...et j'ai adoré! Je pense que c'est plus adapté pour des 12-13 ans...The Agency pour des 4èmes 3 èmes...ce qui me ravit, c'est qu'on puisse suivre les aventures très british sous la plume d'une auteure bien de chez nous...

Tasha a dit…

Tu as sans doute raison pour l'âge des lecteurs, et c'est peut-être pour ça que j'ai préféré The Agency (bien que je sois loin de mes 14 ans...). Pour le côté univers british made in France, tout à fait d'accord, et d'ailleurs, je pense que si on ne sait pas que Bottet est française, on ne le soupçonne pas à la lecture du livre. Une chose est certaine : je poursuivrai la série!