jeudi 20 juin 2013

Frances & Bernard de Carlene Bauer


Présentation
En 1957, dans un atelier d’écriture où le pédantisme le dispute au ridicule, Frances Reardon et Bernard Elliot se rencontrent. Ces deux jeunes écrivains américains commencent à correspondre, et leurs échanges amicaux se muent peu à peu en histoire d’amour. Cette histoire est inspirée par l’amitié amoureuse entre le poète Lowell et la romancière Flannery O’Connor.

Mon avis
J’avais lu une critique ou un billet sur ce roman épistolaire lors de sa sortie (je n’arrive pas à me souvenir où) et l’idée de lire la chronique épistolaire d’une amitié amoureuse m’avait séduite. En fait, il s’agit clairement d’une histoire d’amour, même si elle se nourrit d’un respect et d’une complicité qui sont aussi le socle de l’amitié des personnages. La forme épistolaire fonctionne dès la première lettre. Carlene Bauer donne une voix à ses personnages, et par cette voix, un corps, un regard sur le monde, un ton. Et j’ai aimé qu’elle joue sur cette forme épistolaire pour créer des silences, des non-dits, de même qu’elle utilise très bien les ellipses.
J’aime bien les personnages, Frances et Bernard, mais aussi Claire, John et Ted. J’ai eu un peu de mal, surtout au début, à apprécier le personnage de Claire, engoncée dans des considérations religieuses qui confinent à la bigoterie, mais elle se libère quelque peu, et je la comprends alors mieux. N’empêche que je préfère Bernard, séduisant, un peu (beaucoup) toqué, vif, drôle, tourmenté aussi.
Le seul bémol pour moi, c’est l’importance qu’a la foi chez ces deux-là, non qu’elle me gêne mais elle prend beaucoup de place, et j’ai du mal à adhérer à cela (impie que je suis !). J’en comprends la nécessité dans cette histoire, surtout pour Frances, mais leurs débats en la matière ne m’emballent pas.
Je ne sais ce qu’il me restera dans quelques semaines, dans quelques mois, de ce roman, mais j’ai apprécié cette lecture, rapide, séduisante, empreinte à la fois de légèreté et de gravité.

Pour qui ?
Pour tous ceux qui goûtent la forme épistolaire, maniée avec virtuosité ici.

Le mot de la fin
Les histoires d’amour finissent mal, en général.


Carlene Bauer, Frances & Bernard (Frances & Bernard), Calmann-Lévy, 2013. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie-Odile Fortier-Masek. Publication originelle : Houghton Mifflin Harcourt Company, 2013.

2 commentaires:

Brize a dit…

Arggh ! La forme épistolaire me tente (et ce que tu dis du roman), moins l'aspect religieux (impie que je suis aussi !)...

Tasha a dit…

Ouais, je ne m'attendais pas à cet aspect et bon, bof pour moi! Si tu veux que je t'envoie le roman, n'hésite pas!