dimanche 2 juin 2013

Filles de Frederick Busch


Présentation (éditeur)
Parce que sa vie lui échappe, parce que sa petite fille de quelques mois est morte et que son couple se désagrège, parce qu’il va mal, Jack, ancien flic devenu vigile à l’université, accepte d’enquêter sur la disparition d’une adolescente, Janice Tanner. Quelque temps plus tard, une autre fillette disparaît... Autour de Jack, s’étend l’interminable hiver nord-américain, la neige qui recouvre tout et étouffe tous les bruits, la terre si dure qu’on n’enterre pas les morts.

Mon avis
Quelle belle découverte ! Je la dois à mon très compétent libraire, pour qui ce roman noir, passé à peu près inaperçu à sa sortie, mérite bien une deuxième chance à l’occasion de sa sortie en poche. J’ai une première fois fait la sourde oreille, désespérée par ma PAL, mais lorsqu’il a convaincu N., une amie, j’ai été plus attentive. Il faut dire que je n’arrivais pas à entrer dans un roman après ma lecture d’Ellroy. J’ai donc acheté le roman, disponible en e-book. Et j’ai été emportée…
C’est du noir, à n’en pas douter, de la première à la dernière ligne. J’ai tout de suite aimé le personnage de Jack, à la fois typique du noir – à la dérive, esquinté par la vie, durement éprouvé – et original – quelle bonne idée de choisir un vigile d’université… Tout me parle chez cet homme : sa relation tourmentée mais très belle avec son épouse, son regard sur le milieu universitaire (américain), son passé compliqué, son rapport à la violence et à sa propre violence, son empathie pour ces jeunes filles disparues.
Frederick Busch a également un sacré talent pour créer des atmosphères. Ce campus du nord de l’Amérique semble enseveli par la neige, paralysé par le froid, il fait sombre, il fait nuit, et l’on ressent presque, à la lecture, ce froid terrible.
L’intrigue est à la fois très prenante et secondaire : on sait dès le début qu’il n’y aura pas d’issue positive, même si l’on n’en comprend pas tout de suite les tenants et les aboutissants ; mais l’essentiel n’est pas dans l’intrigue, elle est dans les personnages, leur rapport aux autres, leur rapport au monde. C’est le plus beau et le plus fort de ce roman.
Bref, vous l’aurez compris, je vous recommande vivement la lecture de ce roman. Pour ma part, je vais jeter un œil sur le reste de la production de cet auteur (mort en 2006).

Pour qui ?
Pour tous ceux qui aiment le roman noir (et la neige).

Le mot de la fin
Blanc linceul.


Frederick Busch, Filles (Girls), Gallimard, 2000. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nadia Akrouf. Disponible en Folio. Publication originale : 1997.

2 commentaires:

Kathel a dit…

Il est sorti en 2000 en broché et 2013 en poche... Etrange ! Je l'ai lu (quelque part entre ces deux dates) et j'avais aimé l'atmosphère...

Tasha a dit…

Oui c'est fou! D'autant que c'est chez le même éditeur...