dimanche 4 août 2013

L'énigme des Blancs-Manteaux de Jean-François Parot (lecture de juillet)


Présentation (éditeur)
En 1761, le jeune Nicolas Le Floch quitte sa Bretagne natale pour entrer au service de M. de Sartine, chef des affaires secrètes de Louis XV. Devenu l'un des espions du lieutenant général de police, Nicolas va vite découvrir la cruauté des hommes et la brutalité des complots : à Paris, dans le monde du crime, tout tourne autour du jeu, de la débauche et du vol qui communiquent par d'innombrables labyrinthes. Son premier meurtre le plonge au coeur des perversités de la capitale : un commissaire corrompu, une épouse ex-pensionnaire d'une maison de plaisir, un cadavre rue des Blanc-Manteaux, un bourreau médecin légiste à la morgue de la Basse-Geôle..

Mon avis
J’ai d’abord connu la série télévisée et pour tout dire, ce qui avait attiré mon attention, c’était la présence au scénario d’Hugues Pagan, dont je connais et apprécie énormément les romans noirs. J’aime la série, fait notable puisque les séries françaises ne trouvent guère grâce à mes yeux. Cela faisait longtemps que je me promettais d’essayer les romans, et quoique peu attirée par le polar historique, j’ai profité d’une offre spéciale sur la version numérique du premier volume, il y a de cela des mois. L’avis enthousiaste de Shelbylee a réveillé mon envie de découvrir les romans de Jean-François Parot, et c’est finalement en juillet que j’ai lu ce premier opus. Mon avis est très positif. Certes, l’intrigue policière n’est sans doute pas des plus originales, encore qu’à mon sens, elle soit suffisamment embrouillée pour maintenir l’attention. Et pour ma part, j’ai bien aimé le petit hommage au roman d’énigme pour dénouer l’intrigue : on met tout le monde dans la même pièce et on déballe tout !
Si je dois comparer ce qui faisait le charme de la série télé et celui de ce premier volume (précision : ce premier roman est le deuxième volet de la première saison télévisée), disons que j’ai retrouvé deux éléments séduisants à mes yeux : la langue, mâtinée de tournures XVIIIème siècle, délicieuse, précise, qui ne semble jamais un artifice ; les relations entre les personnages et la comédie du pouvoir, car Nicolas sert le Roi, on ne l’oublie jamais, il y a des codes, des comportements à avoir ou non. Nous sommes dans la période pré-révolutionnaire, le royaume se fissure.
Le roman a des charmes supplémentaires : par rapport au format de l’épisode télé, il peut développer davantage ses personnages – que les comédiens excellent cependant à incarner, je le précise. Nicolas Le Floch n’est pas à mon sens le plus intéressant dans ce premier volume. J’ai adoré Bourdeau, plus précisément évoqué, Sartine, évidemment, mais aussi M. de Noblécourt – que je trouve très différent ici – ou encore le fameux Sanson, bourreau qui fait office de médecin légiste, sorte d’expert avant la lettre, comme le fait remarquer Shelbylee. Je trouve en tout cas que le mélange entre personnages de fiction et personnages historiques est très réussi.
Autre point essentiel : l’évocation de Paris, précise, vivante, jamais ennuyeuse. On pense à des lieux qui subsistent aujourd’hui, on se prend à vouloir découvrir telle demeure. Ce n’est d’ailleurs pas un Paris enchanté et de pacotille qui est évoqué, mais une ville dans toute sa diversité, des palais aux masures, des ors au ruisseau. Je suppose que tout cela est fort documenté et cela me plaît en tout cas.
Avec cette évocation de la vie parisienne de l’époque va un autre aspect du roman que j’ai adoré : la nourriture ! Là encore, Jean-François Parot évoque aussi bien les festins aristocratiques que les pitances infectes des pires gargotes, mais pour les plats dignes de ce nom, il se fend parfois d’un semblant de recette. C’est passionnant et là aussi, très vivant, d’autant qu’il y a chez M. de Noblécourt une discussion très intéressante sur la tradition culinaire française, qui s’oppose alors à la nouvelle cuisine…
Bref, j’aimais déjà la série télé, j’ai apprécié la lecture de ce premier volume et j’ai hâte d’en lire un autre !

Pour qui ?
Pour les amateurs de polar historique et pour les amoureux de Paris.

Le mot de la fin
Bien plaisant, que diantre !


Jean-François Parot, L’énigme des Blancs-Manteaux (Les enquêtes de Nicolas Le Floch, 1), éditions Jean-Claude Lattès, 2000. Disponible en 10/18. Lu en e-book.

2 commentaires:

Shelbylee a dit…

Je suis super contente que mon avis t'ait décidée à aller au-delà de la série ! Effectivement, c'était un petit clin d'oeil sympa qu'il se retrouve tous dans la même pièce pour la résolution. J'ai un peu moins aimé le deux, mais je compte poursuivre quand même !

Tasha a dit…

:-)
Bon, me voilà prévenue pour le deux, mais en effet, dans une série, il peut y avoir des volumes moins convaincants, sans qu'on veuille lâcher.