dimanche 12 juillet 2015

La part des flammes de Gaëlle Nohant


Présentation
Violaine de Raezal est une jeune veuve que son titre de comtesse ne protège pas des réticences de l'aristocratie à la reconnaître comme une des leurs. Pour s'introduire dans la fine fleur de la bonne société, elle essaie de trouver une place à l'un des comptoirs du Bazar de la Charité, haut lieu mondain pour les belles dames de l'époque. Elle se heurte au refus de la marquise de Fontenilles, qui va l'éprouver en l'introduisant dans une autre oeuvre de charité, auprès des tuberculeux. Là, elle fait la connaissance de la duchesse d'Alençon, qui voit en elle une soeur de souffrance maternelle. Celle-ci va la prendre à son comptoir du Bazar de la Charité. Enfin, il y a Constance d'Estingel, sensible jeune fille que ses parents ont du mal à comprendre, et qui vient de rompre ses fiançailles avec le ténébreux Lazlo de Nérac, fou amoureux d'elle. Elle aussi se retrouve sur le comptoir de la duchesse d'Alençon.  

Ce que j'en pense
C’est une critique dans la presse qui a attiré mon attention sur ce roman, au titre magnifique. Je ne connaissais pas l’auteure, mais j’étais partante pour une fiction historique bien romanesque. J’ai passé un bon moment, mais je pense que j’oublierai vite ce roman. Pour faire une comparaison avec un autre roman historique (je fréquente peu ce type de romans) lu, chroniqué ici et aimé, je suis nettement moins enthousiaste et je vais dire pourquoi. La seule chose qui rapproche ces deux lectures est que, quelques temps après, il m’en reste très peu de choses… 
Qu’ai-je aimé, qu’ai-je moins aimé? Contrairement à Brize, qui a été très déçue par le roman, j’ai aimé les personnages. Je les trouve peu crédibles, mais attachantes. J’emploie le féminin, ce qui est injuste car l’amoureux Nérac est sympathique aussi. Mais il y a un côté roman de femmes, on suit davantage les pas de ces jeunes - et moins jeunes - femmes. Néanmoins, je ne peux nier que les personnages, étrangement, manquent d’épaisseur. Elles sont assez fouillées psychologiquement mais il manque des éléments pour qu’on cerne vraiment leur trajectoire, leur passé me semble insuffisamment évoqué. Bref, je crains de les oublier vite, je ne me suis pas identifiée une minute, à aucune d’entre elles, et elles manquent quelque peu d’épaisseur. 
L’intrigue oscille entre deux tentations, et cette tension n’est jamais résolue de manière satisfaisante (n’est pas Alexandre Dumas qui veut). D’un côté, le roman sur la condition féminine, ici dans les classes aisées, avec une charge contre les traitements des hystériques, appellation bien commode pour anesthésier les rebelles, les exaltées, les émotives, ou les adultères… C’est intéressant, et même si je n’ai pas appris grand-chose, le propos a une certaine force. De l’autre côté, le romanesque, avec quelques entorses au réalisme que suppose le précédent volet, mais un romanesque précisément entravé par le réalisme. Si les romanciers du XIXè maîtrisait à la perfection cette tension-là, Gaëlle Nohant n’y parvient pas vraiment. 
N’allez pas croire cependant que cela m’a donné l’envie de renoncer. J’ai passé un bon moment, je ne me suis pas ennuyée. Le principal intérêt pour moi a été le côté didactique : je ne connaissais même pas cet évènement tragique, l’incendie du Bazar de la Charité, et l’intérêt pour moi n’est pas, comme on le lit çà et là, que l’incendie a décimé l’aristocratie et la bourgeoisie féminine (comment dire, je m’en fiche) mais que cela a eu des conséquences, à court terme sur le développement en France du cinématographe, à moyen et long terme sur la législation sur la sécurité dans les lieux publics. 

Pour finir, vous le voyez, mon avis n’est ni franchement enthousiaste, ni vraiment réservé. J’ai passé un agréable moment de lecture, sans plus. 

Gaëlle Nohant, La part des flammes, Editions Héloïse d'Ormesson, 2015. Disponible en e-book. 

3 commentaires:

keisha a dit…

Ayant lu quelques billets peu enthousiastes récemment, je sens que je vais passer (de toute façon le bouquin n'est pas à la bibli)

Tasha a dit…

C'est un roman dont on peut se passer, en effet! Il y a tant à lire...

Brize a dit…

Pas d'identification de mon côté non plus. Bien aimé aussi l'évocation de l'action consécutive du préfet Lépine . Mais, globalement, j'ai effectivement bien moins accroché que toi.