samedi 2 mars 2013

16 Lunes de Kami Garcia et Margaret Stohl



Présentation
Nous sommes à Gatlin, bourgade sans histoires du Sud des Etats-Unis, où le souvenir de la Guerre de Sécession hante les esprits et où les âmes puritaines gouvernent la ville. Ethan est un adolescent sans histoires, membre de l’équipe de basket du lycée, qui a perdu sa mère dans un accident de voiture et qui vit avec un père écrivain qu’il ne fait plus que croiser au sortir de son bureau, et avec Amma, la gouvernante de la maison qui protège avec amour et fermeté le jeune Ethan. La tranquillité de tous va être troublée par l’arrivée d’une nouvelle élève au lycée : Lena est la nièce de l’étrange Macon Ravenwood, qui vit reclus dans une maison historique et inquiétante. Elle n’a rien des blondes et bronzées cheerleaders du lycée, elle roule dans un corbillard, et comble de l’audace, elle est d’une beauté, comment dire… surnaturelle. Ethan tombe éperdument amoureux, ce qui n’est pas sans mettre en péril son intégration au lycée, d’autant que la belle a un lourd secret… Hors normes par ce qu’elle est et par sa famille, Lena va rapidement déchaîner les passions, tandis que des événements étranges se déroulent : la chasse aux sorcières peut commencer.

Mon avis
J’ai passé un bon moment, sans plus, avec ce roman fantastique. Ma principale réserve concerne le rythme du roman, qui fait ses 600 pages : un peu longuet, un peu lent par moments, et par conséquent, je pense que pour des ados qui ont un peu de mal avec la lecture, ce n’est pas un livre si facile.
Par ailleurs, je sais que certains voient dans 16 Lunes une histoire très inspirée par la saga de Stephenie Meyer : je comprends bien pourquoi, il y a un côté « amours impossibles et terriblement romantiques » entre un mortel et un être surnaturel, mais il faut alors considérer que S. Meyer a inventé la chose, et ça, franchement, je ne suis pas d’accord. Disons que l’intrigue n’a rien d’inattendu – tout comme celle de Twilight – et cela m’a empêchée d’être emportée par l’histoire : toutes les étapes y sont, assorties de quelques jolis rebondissements, sans plus. Je n’ai jamais été surprise, mais là encore, il faut que je me souvienne que je ne suis pas une lectrice adolescente : les ados seront peut-être plus facilement séduits, et l’intrigue est tout de même moins simple que chez Meyer, l’univers est assez foisonnant.
Surtout – et j’en viens à ce que j’ai aimé dans 16 Lunes – l’univers est ici beaucoup moins mièvre que celui de S. Meyer… Nous ne sommes pas ici dans la communauté plutôt harmonieuse de Forks, mais dans le Sud profond des Etats-Unis, dans une petite ville nommée Gatlin, où le contrôle social est très fort, où le poids de la norme est considérable, où les étrangers ne sont pas très bien vus. On est de Gatlin ou on ne l’est pas, les conservateurs et les puritains sont légion, leur pouvoir est énorme. Attention ! 16 Lunes n’est pas un roman social, ni même réaliste, mais cette peinture d’une communauté plutôt étriquée est intéressante, et elle donne sens à l’histoire : gare à ceux qui, comme la jeune Lena, n’entrent pas dans le moule ! Ils sont inquiétants et par conséquent exclus.
Un autre élément distinctif est l’humour : on ne se tient pas les côtes à chaque page, mais on sourit souvent, avec une mention spéciale aux trois Sœurs, farfelues à souhait.
Surtout, j’ai été conquise par l’atmosphère très sudiste, les superstitions locales donnant un relief intéressant aux éléments fantastiques du roman, et j’ai aimé les références à la guerre de Sécession, qui imprègnent toujours les comportements et les modes de pensée des habitants de Gatlin.
Qu’en est-il des héros ? Le narrateur, Ethan, est un adolescent attachant et intéressant, rapidement troublé par l’irruption de la belle mais un peu « freaks » Lena. Lena est à mon sens bien plus intéressante que cette pauvre Bella (qui m’exaspère), elle a de la personnalité, doit faire des choix shakespeariens (je n’en dis pas plus), le tout en alliant beauté extraordinaire et comportement hors normes. Une foule de personnages les entoure, certains plus importants que d’autres, notamment Macon, oncle de Lena, l’épouvantail de la ville, ambigu à souhait, tout comme Amma, qui s’occupe d’Ethan, une figure du Sud, tout en amulettes et colifichets…
Le bilan de cette lecture est mitigé et j’ignore si je lirai la suite. Le roman ne m’est pas tombé des mains, j’ai aimé l’atmosphère et les personnages, le regard posé sur cette petite société, mais l’intrigue est tout de même classique, pour ne pas dire convenue.
Mon avis n’étant peut-être pas très éclairant, vous pouvez consulter quelques avis : celui de Lirado (assez proche du mien mais plus convaincu), celui d’Adalana (également plus enthousiaste), et celui de Clarabel qui, comme moi, a surtout aimé l’ambiance sudiste épaisse et trouble du roman.

Pour qui ?
Pour des ados bons lecteurs.

Le mot de la fin
Pourquoi pas ?

Kami Garcia, Margaret Stohl, 16 Lunes (Beautiful Creatures), Le Livre de Poche Jeunesse, 2011. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Luc Rigoureau. Première édition française : Hachette/Black Moon, 2010. Publication originale: Little, Brown, 2009. 

2 commentaires:

L'or des chambres a dit…

Je suis en train de le finir, mon avis rejoindrait assez le tien, une lecture sympa pour l'atmosphère sudiste et la magie, mais je ne sais pas si je lirais la suite (4 tomes quand même!)
Bonne semaine

Tasha a dit…

Oui, 4 tomes, et il y a tant d'autres choses à lire!