lundi 18 novembre 2013

Les feuilles mortes de Thomas H. Cook


Présentation (quatrième de couverture)
Eric Moore a toutes les raisons apparentes d'être heureux : propriétaire prospère d'un magasin de photos et d'une jolie maison dans une petite ville sans problème de la côte Est, il mène une vie de famille épanouie auprès de sa femme Meredith et de son fils Keith, un adolescent de quinze ans. Cet équilibre parfait va pourtant voler en éclats à jamais… Un soir comme les autres, ses voisins demandent à Keith de garder Amy, leur fille de huit ans. Au petit matin, Amy est introuvable. Très vite, l'attention de la police se porte sur Keith et ce dernier, pataud et mal dans sa peau, se défend maladroitement. Du jour au lendemain, Eric devient l'un de ces parents qu'il a vus, à la télévision, proclamer leur foi dans l'innocence de leur enfant. Alors que l'enquête de la police se recentre autour de Keith, Eric doit lui trouver un avocat et le protéger contre les soupçons croissants de la communauté. Mais est-il tout à fait sûr de l'innocence de son fils ?

Mon avis
Lorsque j’ai lu Le bon père, de Noah Hawley, Brize a attiré mon attention sur Les feuilles mortes, de Thomas H. Cook, chroniqué par Jean-Marc Laherrère, lequel m’a à son tour encouragée à le lire. C’est chose faite, et ma foi, je suis contente d’avoir suivi cette suggestion ! J’ai dévoré ce court roman, embarquée comme je le suis trop rarement ces derniers temps.
Dès le début nous savons que c’est un roman noir : aucune issue heureuse n’est à espérer, et pourtant Thomas H. Cook réussit à surprendre. J’avoue que j’avais pensé juste concernant un élément capital de l’histoire, car au détour d’une phrase, l’auteur donne un indice ; mais cela n’a aucune importance, d’abord parce que j’ai pensé à cela comme j’ai pu penser à d’autres choses, ensuite parce que dans le noir, je me fiche de connaître le dénouement (ce qui n’était de toute façon pas le cas, pas dans le détail). Et puis il y a un retournement de taille, un très beau retournement, qui n’enlève rien à la tragédie.
Surtout, Thomas H. Cook développe, comme le fait Noah Hawley dans Le bon père, un point de vue original, qui n’est pas celui de l’enquêteur, ni de la victime, ni du coupable. Tout est affaire de regard, et celui du père est d’une folle complexité, en même temps qu’il est une sorte d’accélérateur d’émotions extraordinaire pour le lecteur. Il n’y a rien de manichéen, rien de mièvre, Thomas H. Cook ne joue jamais avec le pathos, qui serait pourtant si facile sur un tel sujet. Le regard est sans concession quoique plein d’émotion.
La noirceur du regard concerne à la fois le comportement d’une petite communauté secouée par la disparition d’une enfant et la famille. Tel est le grand sujet des Feuilles mortes : les photos de famille qui affichent un bonheur parfait mentent. Secrets, mensonges, faux-semblants, soupçons, voilà ce qui anime les êtres et ravage l’amour qu’ils se portent. Les autres ne sont pas ceux que l’on croit et nos proches ne sont pas ce que l’on voudrait qu’ils soient. On sort de cette lecture secoué, bouleversé, et comme avec tout grand roman, la tête pleine de questions. Dire que c’est un chef-d’œuvre du roman noir serait peut-être exagéré mais assurément, c’est un magnifique roman. Merci à Brize et à Jean-Marc Laherrère de m’avoir donné envie de lire ce livre : je lirai sans aucun doute d’autres romans de Thomas H. Cook.

Le mot de la fin
Un somptueux « misérable petit tas de secrets ».


Thomas H. Cook, Les feuilles mortes (Red Leaves), Gallimard/Série noire, 2008. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Laetitia Devaux. Réédité en Folio Policier. Lu en e-book. Publication originale : Harcourt, 2005.

12 commentaires:

Jean-Marc a dit…

Très, très content que tu aies aimé. d'un autre côté je n'étais pas très inquiet. Une roman vraiment bouleversant, et qui, comme Le bon père, amène tous les pères (et mères) à se poser beaucoup de questions.

Aifelle a dit…

Je l'ai noté depuis longtemps, il faut seulement que j'y pense quand je vais à la bibliothèque.

Tasha a dit…

@ Jean-Marc : tu as visé juste! Oui, c'est bouleversant, je pense que je n'ai pas fini de l'offrir!
@ Aifelle : je te le recommande vraiment, c'est un beau moment de lecture.

Brize a dit…

Ravie de ce partage :) !

Tasha a dit…

:-) C'était chouette!

Shelbylee a dit…

C'est plutôt Au lieu dit du Noir étang qui me tente de Cook, mais celui-ci n'a pas l'air mal non plus.

Myrtille a dit…

J'avais également beaucoup aimé

Monpetitchapitre a dit…

Cela fait longtemps que je veux découvrir cet auteur, je commencerai bien par ce titre tiens!

Tasha a dit…

@Shelbylee : ah ben je note ce titre, tiens!
@Myrtille: avais-tu fait un billet? je pourrais mettre un lien.
@Monpetitchapitre : je recommande! Bon, j'imagine qu'il en a écrit d'autres qui sont formidables mais pour moi, ça a été une très bonne entrée en matière.

La Petite Souris a dit…

non seulement Thomas H. Cook est un très grand écrivain, non seulement c'est un type d'un humour et d'une extrême gentillesse, mais en plus " les feuilles mortes" est sans doute l'un de ses meilleurs romans !! :)

Tasha a dit…

Franchement, ça fait plaisir de savoir qu'un auteur dont on a apprécié un livre est en plus un type drôle et sympa! Je me demande quel sera le prochain roman de Thomas H. Cook que je vais lire!

Miss Léo a dit…

Je l'ai justement acheté la semaine dernière en promotion (et en anglais) pour mon Kindle, sans rien connaître de l'auteur ! Je suis donc ravie de voir que tu l'as apprécié. :-)