samedi 12 janvier 2013

La femme modèle de Vincente Minelli



Présentation
Mike Hagen et Marilla Brown font connaissance sous le soleil : c’est le coup de foudre, ils se marient. Il est un journaliste sportif qui tente de démasquer un individu véreux, elle est une dessinatrice de mode qui évolue dans un milieu artiste et chic. A leur retour à New York, ils se rendent compte de leurs différences, sans parler du passé amoureux de Mike Hagen, qui rompt avec une actrice et danseuse blonde et plantureuse, sans se résoudre à confier à sa nouvelle épouse cette liaison passée…

Mon avis
C’est l’effet Dannemark qui se fait sentir! Une comédie brillante, légère, totalement invraisemblable et barrée, une comédie conjugale délicieuse. Il était prévu, apparemment, que les deux personnages principaux soient incarnés par James Stewart et Grace Kelly et on comprend bien pourquoi en voyant le film: le couple improbable (le journaliste sportif et la dessinatrice de mode évoluant dans le luxe) rappelle évidemment le duo de Fenêtre sur cour (un de mes films préférés de tous les temps et sûrement celui que j’ai le plus vu). Mais mariage princier oblige, le casting fut revu, et on ne perd pas au change: c’est un bonheur de voir Gregory Peck et Lauren Bacall dans le registre de la comédie.
Le film a un côté joyeux méli-mélo, c'est une comédie avec un zeste de comédie musicale et un brin de film noir. La trame est celle d’une comédie: nos deux amoureux et jeunes mariés étant de milieux très différents, le mariage fait des étincelles, sur fond de jalousie et de mensonges. Mais le mari est également menacé et a de mauvais garçons à ses trousses (ce qui ajoute aux cachotteries conjugales), comme dans un film noir – mais pour de rire. Le tout donne lieu à des scènes parfaitement mises en scène et en rythme, avec l’apogée de la séquence finale, une bagarre pour le coup très chorégraphiée: Minelli est aux manettes, que diable !
Le casting est parfait : Gregory Peck est charmant, Lauren Bacall est à tomber par terre et elle est hilarante, très convaincante pour évoquer le côté guindé de son personnage. Mais il y a aussi les autres personnages. Je ne vais pas faire le tour, mais comment ne pas parler de Maxie (joué par Mickey Shaughnessy)? Ancien boxeur un peu sonné par ses combats, entièrement dévoué à Mike Hagen, il occasionne chez le spectateur nombre de rires éclatants. La scène où Mike Hagen croit son protecteur mort (je n’en dis pas plus) est hilarante…
D’une manière générale, le film est extrêmement fluide et rythmé, on ne s’ennuie pas une seconde. D’ailleurs, ça démarre fort : l’une des premières scènes nous montre Mike Hagen se réveillant avec la gueule de bois et chaque couleur est aveuglante, chaque son est amplifié pour mieux suggérer la migraine… C’est simple mais d’une efficacité comique redoutable.
Quand les mots « The End » se sont affichés sur l’écran, j’étais enchantée, j’avais le sourire. Je m’attendais à un petit film (l’ignare que je suis n’en avait jamais entendu parler) et j’ai découvert une très bonne comédie, pétillante et légère.

Pour qui ?
Pour tous les amateurs de comédie made in USA, certes plus tardive que les grandes comédies des années 30 et 40.

Le mot de la fin
Pétillant !

Vincente Minelli, La Femme modèle (Designing Woman), MGM, 1947. Durée : 118 minutes. Disponible en DVD. 
Pour en savoir plus, la fiche IMDB.

5 commentaires:

keisha a dit…

Eh bien, il est possible que je doive aussi bientôt me lancer dans ces comédies américaines (ma mediathèque en propose...)

Shelbylee a dit…

J'ai manqué ce film alors qu'il passait sur Orange à un moment. Je le regrette encore plus après ton article.
Je te signale que tu as écrit Lauren Bacall au lieu de Grace Kelly au début ;-)

Tasha a dit…

Merci : c'est rectifié! C'est le genre de classique que tu auras l'occasion de revoir à la télé, je pense.

Loo a dit…

Je ne suis pas sure de l'avoir vu ce film. Si ce n'est pas le cas il faudrait y remédier.

Tasha a dit…

Je me suis demandé comment j'avais pu ignorer son existence. En tout cas je le regarderai à nouveau, c'est sûr!