lundi 19 novembre 2012

Le Brasier de l'ange de James Lee Burke



Présentation
Dave Robicheaux est contacté par Sonny Marsallus, qui lui remet son journal intime ; aussitôt après, sa petite amie est torturée et tuée. Dans le même temps, Moleen et Julia Bertrand, riches propriétaires, veulent expulser de leurs terres d’anciens métayers, les Fontenot, qui soutiennent pourtant qu’on leur a donné le lopin sur lequel ils vivent.
Lors de ses investigations, Dave Robicheaux, sa co-équipière Helen Soileaux et son ancien acolyte Clete Purcell vont voir les menaces s’amonceler, tandis que la vérité, horrible et tragique, se dérobe sous leurs pieds et se précise tout à la fois.

Mon avis
Cela faisait un bout de temps que je n’avais pas lu de « Robicheaux », série que j’aime pourtant énormément. Le Brasier de l’ange m’a énormément plu, même si j’ai mis un peu de temps à le lire. Il est vrai que le rythme, pendant la première moitié du roman, est assez lent, ce qui me semble assez caractéristique de l’auteur. Cette lenteur permet à l’auteur de mettre en place tous les protagonistes et tous les fils de l’intrigue, comme toujours assez complexe sous le dehors d’une affaire ordinaire. On est très loin du rythme du thriller (tant mieux !), et l’univers selon Robicheaux n’est ni tout blanc ni tout noir, on prend le temps d’explorer la complexité des choses et des êtres. Retours en arrière (sur certaines guerres bien sales menées par les Etats-Unis), longs dialogues toujours étranges entre Robicheaux et ses interlocuteurs, somptueuses descriptions : on prend son temps, et c’est beau. Je ne connais personne qui décrive avec autant d’intensité la beauté des ciels de Louisiane (que je n’ai jamais vus, soit dit en passant), les orages qui déchirent la nuit, la pluie qui tombe avec force.
La deuxième moitié du roman est plus rapide, la tension est plus forte, et si le dénouement n’est pas totalement sombre, il reste tragique : c’est du roman noir, évidemment.
Ce sont ces qualités que j’affectionne, comme toujours, chez James Lee Burke. Qu’ai-je aimé d’autre dans Le Brasier de l’ange ?
J’ai aimé le propos du roman, social, racial mais aussi écologique et économique (celui-ci s’affirmant surtout vers la fin du roman). Les amours entre Moleen et Ruthie sont déchirantes et tragiques, portant un propos autant racial que social, car c’est peut-être avant tout un problème de classe qui se pose ici.
Et puis j’ai retrouvé ici une des qualités fondamentales du plus connu des Robicheaux, Dans la brume électrique avec les morts confédérés : un léger recours au fantastique. Robicheaux est hanté par les morts, et cela donne aux derniers chapitres une beauté et une intensité remarquables, un caractère bouleversant. Nul autre que James Lee Burke ne le fait de la sorte, du moins à mes yeux.
Une fois de plus, il me semble nécessaire de remarquer l’excellente traduction de Freddy Michalsky, qui s’efforce de rendre compte de la langue à la fois des blancs et des noirs de Louisiane, tout en restant compréhensible. James Lee Burke doit être redoutable à traduire.

Pour qui ?
Pour ceux qui aiment James Lee Burke, qui ont envie de découvrir une Louisiane qui n’a rien d’une riante carte postale, ou qui ont envie d’un bon roman noir.
Je précise que s’il est préférable de lire les romans dans le bon ordre, ce n’est pas impératif : j’ai découvert la série, comme beaucoup, par Dans la brume électrique avec les morts confédérés, et cela ne m’a pas posé de problème. Ensuite, j’ai repris la série dans l’ordre.

Le mot de la fin
Lancinant.

James Lee Burke, Le Brasier de l’ange (Burning Angel), Rivages/Noir, 2002. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Freddy Michalsky. Première parution en français : Rivages, 1998. Publication originale : Hyperion, 1995.

Et hop! un autre livre pour le challenge Louisiane/Nouvelle-Orléans de Myrtille!



3 commentaires:

Shelbylee a dit…

Je ne connais pas du tout cet auteur, mais je vais me pencher sur la question. De plus, j'adore les séries. Tu saurais me dire de tête quel est le titre du premier ? Sinon je chercherai.

Tasha a dit…

Le premier est La Pluie de néon, mais pour moi, la série ne décolle qu'avec Prisonniers du ciel. Dispo chez Rivages/Noir. Si tu veux avoir une idée de son univers, il y a aussi la très bonne adaptation de Tavernier, Dans la brume électrique (adapté de Dans la brume électrique avec les morts confédérés).

Myrtille a dit…

Merci pour ta participation ^^
J'aime moi aussi cette lenteur chez James Lee Burke, ça colle bien à l'atmosphère !