vendredi 10 mai 2013

Vampire et célibataire (Queen Betsy - 1) de Mary Janice Davidson



Présentation (éditeur)
À son réveil à la morgue, Betsy Taylor découvre qu'elle est un vampire. Même si sa nouvelle condition possède de nombreux avantages, elle a bien du mal à s'habituer à son régime à base de liquide. Et même si sa mère est ravie d'apprendre que la mort ne lui empêchera pas de lui rendre visite, ses nouveaux amis nocturnes, eux, ont la conviction ridicule qu'elle est la reine annoncée par la prophétie…

Mon avis
J’avais beaucoup de mal à lire La guerre des vanités et je n’aime pas quand la lecture d’un roman traîne trop ; par conséquent, l’achat totalement imprévu de ce premier volume d’une série déjà longue (9 volumes parus en France, je crois) était une parenthèse dans une lecture un peu pesante et très noire. Je ne vous cache pas que je cherchais aussi une alternative à la série des Stephanie Plum de Janet Evanovich, qui m’a valu tant de bons moments mais dont la lecture est un peu moins aisée en anglais.
Vampire et célibataire a rempli son office : m’offrir une lecture facile, légère, très légère… Ce n’est pas un coup de cœur (Stephanie Plum peut dormir tranquille) : je trouve le côté amusant un peu trop forcé par instants, la logique du dialogue rigolo ou du gag étant parfois poussée à l’extrême et de manière prévisible.
Néanmoins, j’ai passé un bon moment, j’ai souvent souri et j’ai trouvé la galerie de personnages séduisante. Certaines scènes sont jubilatoires, notamment au début, lorsque l’héroïne se découvre non-morte, vampire et dotée d’une force spectaculaire. On n’est pas ici dans le fantastique, d’ailleurs : il n’y a rien d’effrayant, les vampires sont une donnée que tout le monde ne connaît pas mais somme toute, que les simples mortels acceptent facilement. Dans la librairie toulousaine où j’ai acheté le volume, la série était d’ailleurs classée en fantasy urbaine, ce qui, après lecture, me semble très pertinent. La communauté vampirique constitue une sorte de monde parallèle, discret (normalement !).
Lirai-je la suite ? Disons que je n’ai pas envie de me jeter sur le volume suivant, mais je pense poursuivre la série, qui m’offrira à l’identique des récréations bienvenues lorsque je serai un peu en panne ou fatiguée. Si quelqu’un a lu la suite, je suis preneuse des avis !

Pour qui ?
Pour des lectrices qui ont envie d’une lecture sans prétention et très distrayante.

Le mot de la fin
Récréatif.

Mary Janice Davidson, Vampire et célibataire (Undead and Unwed), Milady, 2011. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Cécile Tasson. Publication originale : 2004.

mardi 7 mai 2013

Les mois d'avril sont meurtriers



Eh bien, nous voilà en mai et je n’ai pas vu venir la fin avril…
Mon bilan sera aussi rapide que tardif : avril aura été plus décevant que fructueux en termes de lectures. Un livre se détache, ou plutôt deux, lus en avril, même si l’un des billets a été mis en ligne le 1er mai.
Côté fiction, Ordo de Donald Westlake aura été LA lecture la plus émouvante, la plus forte, et la plus courte !
Côté essais, j’ai adoré le livre de François Guérif, passionnant, stimulant.

Au total, neuf lectures, trois déceptions, c’est beaucoup…
J’espère que mai sera plus efficace, plus riche, plus émouvant, mais le fait est, j’ai un peu de mal à lire ces jours-ci. Beaucoup de travail, beaucoup de fatigue, peu de disponibilité d’esprit pour me laisser aller aux plaisirs de la fiction. J’ai donc commencé avec du léger, juste après le Marin Ledun (commencé en avril, terminé en mai) : Vampire et célibataire, de MaryJanice Davidson…
Bonne semaine (avec deux jours fériés pour lire) !!!

dimanche 5 mai 2013

La guerre des vanités de Marin Ledun



Présentation (quatrième de couverture)
Quels vilains secrets se cachent entre les murs de Tournon, petite ville au bord du Rhône, une ville où tous se connaissent, s’épient, se protègent ? Pourquoi un enfant de dix ans saute-t-il par la fenêtre sous l’œil d’une caméra ? Cette mort marque le début d’une série de suicides dont les victimes sont à peine adolescentes... Tandis que le lieutenant Korvine, en charge de l’enquête, essaie de comprendre quel vent de folie balaie Tournon, les enfants continuent à mourir...

Mon avis
Avis très partagé pour ce roman dont j’ai eu le plus grand mal à venir à bout…
Il démarre très fort, à la fois en posant un personnage d’enquêteur typique du roman noir, sombre, désespéré, et en amorçant une intrigue terrible. Puis, à mon sens, alors que le découpage en chapitres, correspondant au découpage temporel – serré – de l’intrigue, suppose une grande rapidité, le roman ralentit, s’étire en longueur… Dès la moitié du roman, je trouvais que les choses n’avançaient pas suffisamment, et j’ai bien failli renoncer tant j’avais le sentiment de ne pas avancer dans ma lecture.
Certains lecteurs ont trouvé la fin quelque peu décevante par rapport à la force du démarrage, avec un côté « ce n’était donc que ça ? » qui les a déconcertés. Ce n’est pas ce qui m’a gênée, je pense même qu’un dénouement ou une explication spectaculaire auraient pu faire verser le roman dans du thriller grandguignolesque. La tragédie est bien plus banale, somme toute. Cependant, j’ai trouvé l’histoire de Varèse (chut !) tirée par les cheveux, dans son dénouement.
Que dire d’autre, sinon que le roman est quand même paré de belles qualités, grâce auxquelles j’ai tenu jusqu’au bout : son « héros », Korvine, un vrai personnage de roman noir, que je trouve réussi ; l’écriture, sèche, précise, sans coquetterie et sans emphase de Marin Ledun ; la force de l’évocation de cette petite ville de province où tout le monde connaît tout le monde, toxique, étouffante.
Pour moi, le roman est trop long, voilà tout.

Le mot de la fin
Du noir un peu trop allongé… 

Marin Ledun, La guerre des vanités, Gallimard/Série noire, 2010. Disponible en Folio Policier. Lu en ebook. 

mercredi 1 mai 2013

Ordo de Donald Westlake



Présentation (extrait de la quatrième de couverture)
Ordo, la trentaine, quartier-maître de la marine de guerre américaine, mène une vie sans histoires. Un seul souvenir de jeunesse, à moitié oublié : jadis, amoureux d'une jeune fille de seize ans - lui en avait vingt -, il l'a enlevée, épousée. Quelques semaines plus tard, la mère retrouvait la fille et faisait annuler ce mariage sans autorisation d'une mineure. 

Mon avis
Nous connaissons généralement Donald Westlake pour la série des Dortmunder ; personnellement, j’ai le bonheur de ne pas en avoir lu beaucoup à ce jour, ce qui fait qu’il me reste bien du plaisir en perspective. Nous le connaissons aussi pour Le Couperet, qui a connu un regain d’intérêt au moment de l’adaptation (très intéressante) de Costa-Gavras. C’était du pur roman noir, loin de la veine drôlatique des Dortmunder. Ordo se situe encore ailleurs : c’est un court roman, certains diraient une novella, qui se situe hors polar, tout en épousant certains contours du noir comme je l’aime, sombre, déchirant : François Guérif le qualifie de « rêverie », terme que je trouve assez juste.
Il y a chez Westlake une capacité extraordinaire à nous restituer en quelques lignes, en quelques pages, une époque, un milieu. Une course en taxi et je suis à Los Angeles, cité de tous les fantasmes, de tous les rêves de célébrité, un voyage en avion et je suis une star, je vais tourner dans mon prochain succès. Il a aussi ce talent pour faire exister des personnages, leur donner une humanité folle. L’ensemble ne fait qu’une centaine de pages, il faut donc un sacré talent, une redoutable précision pour faire surgir des individus sans y passer des dizaines de pages : et ils existent, tous, aussi bien le narrateur Ordo Tupikos que Dawn Devayne, mais également tous ces personnages dits secondaires mais qui donnent chair au récit, Dennis, Rod, le chauffeur de Byron…
On ne peut être que bouleversé lorsqu’on referme le livre, extrêmement fort, posant mine de rien des questions essentielles à travers Ordo et Dawn/Estelle : qu’est-ce qui fait de nous ce que nous sommes ? Changeons-nous ? Pouvons-nous tout recommencer et à quel prix ? Pourquoi et comment devenons-nous, parfois, quelqu’un d’autre ? Ce que nous étions a-t-il disparu ? Aux interrogations du narrateur se superposent celles du lecteur, et les bribes de réponse sont douloureuses. Le récit est superbe, poignant (sans un brin de pathos), saisissant. C’est difficile de retranscrire ici l’émotion ressentie à la lecture : lisez-le !

Le mot de la fin
Du court mais du lourd.

Lu aussi une nouvelle de Westlake offerte par Rivages et mon libraire, C’est ça la mort : dans un autre registre, noir et fantastique (uniquement pour les besoins de la narration), un récit saisissant, fort, à sa manière terrifiant…

Donald Westlake, Ordo (Ordo), Rivages/Noir, 1995. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Patrick Manchette. Le roman a originellement été publié en France par Futuropolis en 1986. Publication originale : 1986.
Donald Westlake, C’est ça la mort… (This is death), Rivages/Noir (édition hors commerce), 2013. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Bondil. Publication originale : 1978.

dimanche 28 avril 2013

Oh! Toulouse...


La librairie Série B à Toulouse (crédits)

Virée (impromptue) à Toulouse ce week-end… mais sur place, comme à peu près partout je crois, froid et pluie. La parade ? Trouver refuge dans les librairies* ! Ai-je besoin de livres ? Certes non. Ai-je envie d’acquérir de nouveaux livres ? Toujours.
Première étape, tandis que la pluie glaciale tombait : Ombres blanches, évidemment. Je peux déambuler longtemps dans cette superbe librairie mais c’est toujours aux rayons polar et poches, voisins, que je passe le plus de temps. J’ai été TRES raisonnable (voire ascétique) et ne suis ressortie de là qu’avec Le temps qui va, le temps qui vient, de la romancière Hiromi Kawakami, tout juste sorti en poche (ce qui m’avait échappé). L’argument me fait penser à La brocante Nakano, que j’ai tant aimé.
Je tenais aussi à aller à la librairie Série B, qui a ouvert ses portes, je crois, en novembre 2012. J’adorerais habiter Toulouse pour de nombreuses raisons, et cette librairie en est une à elle seule ! Spécialisée dans le polar, la SF et la fantasy, elle est très agréable, il y a là de vrais choix de libraire, ça fait du bien ! Et j’y ai trouvé un livre (manquant à Ombres blanches, damned !) : 30 ans d’écrits sur le polar 1982-2012 de Claude Mesplède (Krakoën). C’est le premier volume et je me réjouis de l’avoir entre les mains. J’ai également acheté la revue L’indic (n°14), qui s’attarde dans ce numéro sur le polar français. En bref, une très belle adresse que cette librairie (regardez ), j’y serais souvent si j’habitais Toulouse, d’autant qu’il y a un Club du Mardi fort alléchant ! 
Un rayon de soleil a daigné pointer, le temps de prendre un thé en terrasse (chauffée, la terrasse, faut pas exagérer), et hop ! on repart… Direction rue Pargaminières, pour l’ex-librairie Album, devenue librairie Bédéciné, spécialisée dans la BD et la SF (et un peu de fantasy). Nous ne pouvions qu’y entrer, il recommençait à pleuvoir. Des choses me tentent en BD mais c’est tout de même au rayon SF & Co que je m’attarde. Comme je rame terriblement dans La guerre des vanités de Marin Ledun, j’ai envie de légèreté. Mon regard est attiré par un volume à la couverture très girly (une fois n’est pas coutume), estampillé d’un « recommandé par la libraire » et d’un « attention humour » qui me plaisent bien : Vampire et célibataire de Mary Janice Davidson (Milady). Comme l’unique premier tome de cette série est enveloppé dans un film plastique, je demande à la libraire si je peux le prendre ou si elle en a un autre quelque part ; elle me dit que c’est le seul et que cela ne pose aucun problème que je l’embarque, puis elle ajoute que, pour une prochaine fois, si j’ai envie de quelque chose de rigolo, je peux tenter un roman qu’elle a trouvé très léger et amusant, Les dieux ne valent pas mieux, de Marie Phillips (disponible en J’ai Lu). Splendeur et décadence des dieux grecs dans le Londres du 21ème siècle, ça promet ! Comme pour moi il n’y aura pas de prochaine fois toulousaine avant des mois, j’embarque ce roman-là aussi. Ce n’est pas la première fois que je vais dans cette librairie, mais mon cher et tendre et moi-même sommes toujours conquis par la qualité du fonds (notamment les choix SF dans un espace très réduit) et du conseil.
Me voilà riche de quelques livres supplémentaires… Ce dimanche matin, un rapide passage au marché Victor Hugo nous a permis de faire quelques emplettes très appétissantes, chorizo de canard et autres petites choses délicieuses.
La conclusion unanime de ce week-end toulousain, malgré le mauvais temps : 
« pourquoi on n’habite pas à Toulouse ? »
Et je vous assure que je me pose vraiment la question.

* je sais que je suis d’une mauvaise foi incomparable. Eût-il fait le temps estival de jeudi que j’aurais prétendu avoir plaisir à me protéger du soleil dans les librairies, ou bien avoir éprouvé le besoin impérieux de me fournir en livres pour lire au soleil, que sais-je encore.