Présentation
Léa est une présentatrice de BD qui semble assez libérée. Alors qu’elle
fait l’amour avec un amant (de passage), son téléphone sonne, lui
apprenant la mort de son père. Les souvenirs affluent…
Mon avis
Je lis peu de bandes dessinées ces derniers mois et j’ai attrapé
Le beau voyage sur la PAL de mon compagnon. J’étais séduite par le fait que ce soit
un one-shot (marre des séries
interminables et qui vous laissent sur votre faim des années durant) et par la
couverture. Je n’ai pas été déçue : le récit est fort, il sonne juste à
toutes les pages, à toutes les répliques. Le début un peu cru, où la jeune
femme est en révolte, cède très vite la place à une histoire bouleversante. Le
scénario plante les personnages en quelques cases, avant de leur donner plus de
complexité. J’ai été émue par Léa, par Léo, par son père, et même par sa
fuyante mère, sans oublier les personnages « secondaires » - mais
essentiels – que sont Léa (l’autre !) ou la tante, des forces de vie qui
contrebalancent ces existences marquées du sceau de la tragédie.
Cette sombre et belle histoire n’est pas que tragédie, d’ailleurs, et
le final est magnifique. L’ensemble est porté par le trait délicat,
volontairement relâché, de Springer. Il souligne les émotions des personnages,
tout en restant très sobre. Par le travail sur les cadrages, les couleurs, la
lumière, il fait aussi exister les décors, en particulier la maison et la
piscine, les chargeant des humeurs des personnages.
Il n’y a rien de spectaculaire dans cet album, rien de trépidant, juste
les émotions les plus fortes, magnifiquement captées par le dessin et le
scénario.
Pour qui ?
Pour tous ceux qui aiment les bandes dessinées de Rabaté, de Grégory
Mardon, de Davodeau, et j’en oublie.
Le mot de la fin
Bouleversant.
Springer et Zidrou, Le beau voyage, Dargaud/Long Courrier, 2013.






