vendredi 31 août 2012

Un bilan du mois d'août, de l’été… et mes envies de la rentrée.


Un bilan du mois d’août (RV initié par Lilie) pour commencer :
Côté littérature de jeunesse, de très jolies choses, d’excellents moments de lecture… 
Comment bien rater ses vacances d'Anne Percin
Doglands de Tim Willocks
Sans âme de Gail Carriger
Le premier défi de Mathieu Hidalf de Christophe Mauri
Moi Ambrose roi du scrabble de Susin Nielsen
Dear George Clooney de Susin Nielsen
La Déclaration de Gemma Malley
Le châtiment des hommes-tonnerres (L'Agence PInkerton tome 1) de Michel Honaker
Madame Pamplemousse et ses fabuleux délices de Rupert Kingfisher et Sue Hellard 
Si je ne devais en retenir qu'un ?

Mais le mois d’août fut aussi celui du retour à la littérature pour adultes, bien plus qu’en juillet. Avec une relecture :

Mais aussi des déceptions (relatives, il n’y a pas eu de livre abandonné) :
D'un bord à l'autre (Chroniques de San Francisco 5) d'Armistead Maupin
et surtout:
 
Et des confirmations ou de belles découvertes :
 Unlike A Virgin de Lucy-Anne Holmes
Replay de Ken Grimwood
Sur un lit de fleurs blanches de Patricia Parry
et surtout:

Au total, 12 livres lus (certains billets ont été rédigés sur des lectures de fin juillet).

Un bilan de l’été :
Pour moi, beaucoup de littérature de jeunesse, pour ados. J’y ai bien sûr un intérêt professionnel, mais je ne vais pas me voiler la face, j’adore lire ces romans. D’abord, la fatigue ressentie en juillet m’a conduite à prendre le chemin de lectures moins exigeantes en termes narratifs, ce qui ne signifie pas que ces lectures soient nécessairement moins « profondes ». Ensuite, quelques baisses de moral m’ont amenée à trouver refuge dans une littérature moins sombre que celle que je lis d’habitude, que ce soit en roman noir ou en roman tout court. Il y a quelque chose de rafraîchissant à se plonger dans les préoccupations de héros adolescents, et les romans que j’ai lus font souvent la part belle à l’humour et au « happy end ». Cela m’a fait un bien fou, et j’entends bien continuer pendant l’année !
Au final, 26 livres (dont 3 BD) dévorés cet été, soit un rythme de lecture bien plus frénétique que pendant le reste de l’année. Plus de temps, plus de disponibilité d’esprit aussi… L’idée que je vais moins lire pendant les mois à venir me désole déjà : entre la fatigue, les préoccupations et contrariétés professionnelles et les lectures obligatoires, c’est une fatalité.

Pourtant, ce ne sont pas les envies qui manquent en cette rentrée
Outre que ma PAL reste TRES fournie, la rentrée littéraire me démange ! En attendant le Jean Echenoz et le Patrick Modiano, au mois d’octobre, j’ai repéré quelques romans qui me font très envie.
Bizarrement, le Philippe Djian.

Je dis « bizarrement » car j’ai envie de lire Djian à chaque nouvelle sortie, je suis déçue à chaque fois, et je continue !
Le roman d’Aurélien Bellanger dont on parle tant m’intrigue. J’ignore si je craquerai, il n’est pas au top de mes envies, tout de même. 

Le roman de Jennifer Egan, feuilleté l’autre jour à la librairie, me tente assez. 

Surtout, arrivent en tête de mes envies de rentrée littéraire :
Le nouveau roman d’Olivier Adam 

Et quelques polars ou romans noirs :
Les Apparences de Gillian Flynn

Le Monde à l’endroit de Ron Rash (il n’est pas publié en collection polar mais au vu de l’argument et de ce que fait habituellement l’auteur, je mettrais ma main au feu que c’est un roman noir)

Dernière nuit à Montréal de Emily St. John Mandel
En plus, histoire de me tenter davantage, tous existent en e-book, je n'aurai donc pas mauvaise conscience en rajoutant une pile de livres quelque part dans la maison... Seul le dernier est un peu plus difficile à trouver que les autres (sachant que je n'utilise pas de Kindle), mais j'ai fini par le dénicher, même si ce n'est pas sur l'un des sites que j'affectionne pour les e-books.

Et je sens que ce n’est pas fini…

mercredi 29 août 2012

Le Châtiment des hommes-tonnerres, L’Agence Pinkerton t. 1 de Michel Honaker



Présentation
Un mystérieux voleur sévit à bord du Transcontinental, en 1869, aux Etats-Unis. La compagnie ferroviaire fait appel à la fameuse agence Pinkerton pour l’empêcher de commettre de nouveaux forfaits : mais alors que le train file vers Sacramento, les trois agents se font tuer par le Chapardeur, qui semble plus rusé et plus fort que tous. Alan Pinkerton va alors recruter trois agents aux motivations diverses : Angus Dulles, aux allures de paysan mal dégrossi, Armando Demayo, d’ascendance navajo (mais il a horreur qu’on le lui rappelle), Elly Aymes, danseuse de saloon au chômage, et Neil Galore, qui sera le héros du récit. Tous trois embarquent à bord du train et vont vivre de périlleuses aventures…

Mon avis
Une nuit d’insomnie (merci la rentreé !), un besoin de lecture « facile » (rien de péjoratif dans cette qualification pour moi), et hop ! j’ai un bref moment lâché Ellory pour me réfugier dans l’Ouest américain…
Le roman est mené tambour battant, et alors que je n’ai aucune attirance pour les récits western, j’ai dévoré ce premier volume, et croyez-moi, j’ai bien l’intention de lire la suite ! Les personnages et les situations sembleront peut-être bien communs aux amateurs du genre (est-il si fréquent dans la littérature de jeunesse ? Je pose la question à ceux qui en sauraient plus que moi), mais pour moi qui ne suis pas familière de ces codes, c’était un régal. Le roman gagnerait d’ailleurs à développer les personnages, mais ce sera peut-être pour les autres volumes. J’ai bien accroché à l’intrigue, les développements m’ont captivée et je n’arrivais pas forcément à deviner ce qui allait se passer. Michel Honaker manie bien la pincée de fantastique qu’il donne à son roman, on y croit ! Le tout n’est pas dépourvu d’humour, ce qui ne fait pas de mal. D’ailleurs, dans le ton, cela m’a parfois fait penser au film Maverick, film de Richard Donner (1994) avec Mel Gibson, Danny Glover et Jodie Foster. Je sais, ma référence est hors d’âge et ne dira pas grand-chose à qui que ce soit…  

Pour qui ?
Je ne sais pas si je peux dire que le roman plaira davantage aux garçons : évidemment c’est l’impression qu’on a quand on voit un récit western dont le narrateur et héros est un jeune homme. Mais rien n’est moins sûr : après tout, j’ai adhéré sans mal à cette histoire, j’ai tout de suite aimé le personnage de Neil Galore. Je crois qu’il plaira aux filles comme aux garçons, et de jeunes lecteurs peuvent le lire sans peine. L’intrigue est simple, les personnages assez peu nombreux, le récit linéaire et structuré en brefs chapitres qui se lisent facilement et rapidement.

Le mot de la fin
Coup de cœur !

Michel Honaker, Le Châtiment des hommes-tonnerres, L’Agence Pinkerton t. 1, Flammarion, 2011 (13 €).

lundi 27 août 2012

Parenthèse enchantée : Rock en Seine!


Pas de billet ces derniers jours, pour cause d'escapade à Rock en Seine, pour trois jours fabuleux, jouissifs et épuisants... Bref, trois jours peu propices à la lecture. Ceci dit, il y a sur le site un stand "Bibliothèque Rock", la bibliothèque de Saint Cloud a fait un espace lecture, on entre, on pioche un livre sur les rayonnages, on s'installe sur des fauteuils ou des coussins, et on lit... Esprit rock dans les choix, beaucoup de beaux livres et autres documents sur le rock, quelques bandes dessinées (et pas mal de mangas) mais aussi du Bret Easton Ellis, du John Irving, du Virginie Despentes, et j'en oublie tant... Cette année je n'y suis restée que quelques minutes, mais lors des éditions pluvieuses, il m'est arrivé d'y oublier l'averse entre deux concerts. Il y a toujours du monde, ce qui prouve que c'est une belle initiative. 
C'était ma septième édition du festival et j'aime cette ultime pause avant la folie de la rentrée. Mais musique oblige, j'ai peu lu... 
Je suis donc toujours plongée dans Les Anonymes, et pour le moment, j'aime beaucoup. A suivre!

La photo a été empruntée sur le site de Rock en Seine (www. rockenseine.com)

mercredi 22 août 2012

Dernière nuit à Twisted River de John Irving


Présentation (éditeur)
1954, au nord du New Hampshire, à Twisted River, pays sauvage des bûcherons et des flotteurs de bois, les draveurs, Dominic Baciagalupo, 30 ans, veuf et père de Danny, 11 ans, travaille comme cuisinier avec, pour garde du corps Ketchum, l’ogre anarchiste au grand coeur, l’ami de toute une vie. Suite à la mort malencontreuse de Jane, sa maîtresse, causée par Danny qui l’a prise pour un ours, père et fils fuient le courroux revanchard du shérif Carl, l’« officiel » de la dame. Première étape, Boston, où Dominic cuisine dans un restaurant italien, où Danny rêve de devenir écrivain. De nouveau inquiétés par le shérif, les Baciagalupo se bâtissent une nouvelle vie dans le Vermont : après avoir tâté de la gastronomie chinoise, Dominic se lance à son compte avec succès, et Danny devient un écrivain célèbre. Ultime étape : Toronto. Mais on n’échappe pas à la rage vengeresse du shérif !

Mon avis
J’avais 17 ans quand j’ai lu mon premier John Irving, Le Monde selon Garp, et je n’avais jamais lu une chose pareille. J’ai également adoré L’Hôtel New Hampshire et Une prière pour Owen, et pendant quelques années, j’ai suivi son parcours de romancier avec délices. Puis, je ne sais plus vraiment pourquoi, j’ai cessé de le lire.
Lorsque Dernière nuit à Twisted River est sorti, les critiques étaient excellentes et j’ai failli l’acheter. C’est finalement la sortie en poche du roman qui m’a décidée, et depuis, l’ouvrage patientait dans ma PAL. Le challenge « Pavé de l’été » lancé par Brize m’a donné le courage de me lancer, et il est vrai que j’ai lu le roman rapidement. Pourtant, c’est une déception : j’ai l’impression que je n’aime plus John Irving, et cela me désole, parce que j’ai vraiment adoré cet auteur…
Il y a pourtant tous les ingrédients d’un bon Irving (je commence par ce que j’ai bien aimé) : un univers original, posé avec brio, des personnages déjantés juste ce qu’il faut, à leur manière des marginaux, à qui j’avais vraiment envie de m’attacher. Mention spéciale à Ketchum, colosse anar au franc-parler réjouissant (hilarant dialogue vers la fin du roman sur Bush !), ainsi qu’à certains personnages féminins (Jane l’Indienne, Pack de Six) hauts en couleurs. Les dialogues sont brillants, parfois très drôles, les situations « barrées », insolites, sont souvent de belles trouvailles. J’ai adoré aussi l’argument, qui pousse Dominic et son fils Danny sur les routes tout au long de leur vie, et il faut reconnaître qu’Irving sait y faire pour que chaque nouveau départ soit idéalement amené, parfaitement plausible. Cette vengeance (presque) toujours différée, c’est assez prodigieux, d’autant que le romancier, habitué à étirer les intrigues sur de longues durées, nous embarque en 1954 pour nous lâcher en 2005 sans que cela semble artificiel. Bref, en termes de personnages, de situations, de dialogues, de construction narrative, John Irving reste grand.
Mais alors, me direz-vous, tout va bien, pourquoi être déçue ?
La magie n’a pas opéré pour moi. Certes, il y a eu des passages où j’étais embarquée au point de ne plus pouvoir arrêter de lire (d’où la rapidité à engloutir les 680 pages). Mais en fait, j’aurais souvent pu stopper net (et définitivement) ma lecture sans éprouver le moindre regret. J’ai davantage aimé les personnages secondaires (en particulier ceux que j’ai nommés plus haut) que les deux héros : si le père, Dominic, a pu m’émouvoir un peu, il n’en a pas été de même avec le fils, Danny, en particulier à partir du moment où il devient adulte. Sa vie de jeune homme et d’homme m’a laissé un peu froide, je ne sais pas bien pourquoi, mais, oserai-je le dire, j’en avais un peu assez, et j’avais du mal à le comprendre ou à ressentir de l’empathie à son égard. Du coup, je ressentais le récit de ses mésaventures (notamment) sentimentales comme des digressions… Enfin, je n’ai pas beaucoup aimé le côté « mise en abyme » du récit : Danny devient écrivain, il y a dans ses romans et son parcours des échos avec l’itinéraire d’Irving ; surtout, la fin nous ramène au début du roman, puisque Danny commence un roman, dont il trouve la première phrase qui est, je vous le donne en mille, la première phrase du roman… Même si c’est brillamment fait, je n’ai pu m’empêcher de penser que j’avais lu ça bien des fois…
Je suis presque triste de ne pas avoir aimé, même si je ne peux pas dire que j’ai détesté. C’est une déception à la hauteur de mes attentes : j’avais envie d’aimer, de me laisser emporter par ce merveilleux conteur qu’est John Irving, et ce n’est pas tout à fait le cas. Vos avis sur ce roman seront les bienvenus, je suis un peu désemparée au terme de cette lecture… Suis-je la seule amatrice d’Irving à être restée en dehors de Dernière nuit à Twisted River ? Et puis c’est bête, non, d’avoir répondu au challenge « Pavé de l’été » avec un roman finalement décevant…

Le mot de la fin
Snif…

Merci à Brize pour le challenge!!

John Irving, Dernière nuit à Twisted River (Last Night in Twisted River), Points/Seuil, 2012. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Josée Kamoun. Première édition française: Seuil, 2011. Edition originale: Bloomsbury Publishing, 2009.

mardi 21 août 2012

Madame Pamplemousse et ses fabuleux délices de Rupert Kingfisher et Sue Hellard



Présentation (quatrième de couverture)
Comme chaque été, Madeleine est forcée de travailler dans l’immonde restaurant, Le Cochon hurleur, de son détestable oncle, monsieur Lard. Mais un jour elle découvre par hasard l’épicerie la plus mystérieuse de Paris. La boutique est tenue par Madame Pamplemousse, et cette dame prépare les plus étranges, les plus délectables, les plus exceptionnels, les plus époustouflants délices au monde…

Mon avis
C’est une lecture charmante. J’ai d’abord été attirée par le livre lui-même, que je trouve très beau : la couverture ne trompe pas sur la marchandise, les illustrations intérieures de Sue Hellard sont délicates et accompagnent très bien le récit de Rupert Kingfisher. L’histoire elle-même, un conte merveilleux, devrait combler les jeunes lecteurs, tout comme il m’a fait passer un bon moment. Tous les ingrédients (si j’ose dire !) sont là : une jeune fille qui s’apparente à une orpheline tant elle est délaissée par ses parents, l’oncle qui remplace sans peine la marâtre des contes d’antan, le talent culinaire de Madeleine qui rappelle les dons des héroïnes de contes de fée, la mystérieuse Madame Pamplemousse, mi-fée, mi-sorcière, et la pincée de surnaturel avec le chat de Madame Pamplemousse.
Les adultes le liront d’une traite, c’est un récit bref, qui enchaîne les péripéties à un rythme soutenu sans traîner en longueur. Pas le temps pour le jeune lecteur d’avoir trop peur pour Madeleine, donc. Tous les codes sont là, rassurants et bien utilisés : le méchant est châtié comme il se doit, l’héroïne est reconnue à sa juste valeur. La fin ouvre sur une suite possible (deux autres volumes attendent le lecteur charmé), tout est bien qui finit bien…
J’ignore si je lirai la suite des aventures de Madeleine et de Madame Pamplemousse : on s’adresse ici à un jeune public, il m’est difficile d’être captivée, tout de même. En revanche, je recommanderai sans l’ombre d’une hésitation ce livre à de jeunes lecteurs et lectrices amateurs de jolis contes et de cuisine.

Pour qui ?
De jeunes lecteurs : à vue de nez je dirais dix ans, mais on peut se laisser charmer plus tard…

Le mot de la fin
Délicieux !

Rupert Kingfisher (auteur) et Sue Hellard (illustratrice), Madame Pamplemousse et ses fabuleux délices (Madame Pamplemousse and Her Incredible Edibles), Albin Michel Jeunesse, 2012 (8,50 €). Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Valérie Le Plouhinec. Publication originale : Bloomsbury Publishing Plc, 2008.

lundi 20 août 2012

L'Homme délaissé de C.J. Box



Présentation
Nous retrouvons Joe Pickett, garde-chasse dans le Wyoming, mari de Marybeth et père de Sheridan et Lucy. Il doit s’absenter et remplacer un collègue, Will Jensen, garde-chasse à Jackson (toujours dans le Wyoming mais dans un autre comté) : celui-ci vient de se suicider, ce qui ne manque pas d’étonner tous ceux qui le connaissaient. L’arrivée de Joe ne plaît à personne…

Mon avis
Cela faisait un moment que je me promettais de refaire un tour du côté de chez Joe Pickett, et un billet enthousiaste de Jean-Marc Laherrère m’a décidée. Lors de ma récente escapade à Toulouse et à la fabuleuse librairie Ombres blanches, j’ai donc acheté le roman*, dont j’ai lu une vingtaine de pages avant de revenir chez moi, et que j’ai terminé sitôt le livre repris, complètement happée par l’histoire et incapable de lâcher le roman avant la fin !
C. J. Box, c’est du polar assez classique, du roman noir solide et bien construit. Je ne m’attends pas à de folles courses-poursuites ou à de trépidants rebondissements. Pourtant, il y a une vraie tension narrative, dont témoigne mon incapacité à lâcher le bouquin. C. J. Box ne joue pas avec mes nerfs (désolée, mais passé un certain degré, je déteste ça !), du moins dans ce volume, mais il m’embarque et me donne envie de savoir ce qui va se passer à la page suivante. A aucun moment je ne me suis ennuyée, j’ai presque oublié la chaleur caniculaire de cette fin août en parcourant les grands espaces du Wyoming par un bel automne américain, en rêvant de la fraîcheur des nuits de Jackson…
J’ai aimé retrouver les personnages de la série, à commencer par Joe, héros à la fois atypique (parce qu’il est garde-chasse, et non pas flic ou privé) et très classique (dans son comportement de personnage de noir) ; la crise se fait sentir dans son couple avec Marybeth, et ce n’est pas la rencontre avec Stella qui arrange les choses… J’ai aimé retrouver la jeune Sheridan, grandie, en pleine crise d’adolescence et en conflit avec sa mère. Et j’ai adoré que Nate soit dans les parages : c’est un personnage secondaire que je trouve typique du roman noir américain et que j’affectionne particulièrement. L’ami indéfectible du héros et de ses proches, mystérieux, à la marge, voire complètement inquiétant. Même si Nate est TRES différent, il joue un peu le même rôle que le barzingue Bubba dans les merveilleux/extraordinaires/fabuleux/indispensables** polars de Dennis Lehane, autour de Patrick Kenzie et Angela Gennaro… Je note d’ailleurs que C. J. Box me laisse sur une question insupportable à son sujet, et je sens bien que je ne vais pas supporter longtemps de ne pas avoir la réponse… (traduction : en dépit d’une PAL qui s’est encore rehaussée depuis mon passage à Toulouse, je pense que je ne vais pas tarder à acquérir un autre C. J. Box)
Autre point fort du roman, évidemment, son évocation de la nature. Je suis absolument fan de Craig Jonhson, mais j’admets qu’avant lui, C. J. Box a construit une série où la nature joue un rôle capital. Même pour l’indécrottable urbaine que je suis, il y a quelque chose de fascinant dans l’évocation de ces paysages sauvages, de cette nature puissante… Dans L’Homme délaissé, comme toujours, l’auteur lui fait la part belle, d’autant plus que Joe Pickett est lui-même, en quelque sorte, dépaysé, arrivant dans un environnement qu’il maîtrise moins que celui dans lequel il vit habituellement. Cela nous vaut de superbes descriptions.
Enfin, l’intrigue est impeccable : rapidement posée, l’histoire est bien construite, complexe sans être absconse, et même s’il y a quelques belles ordures, les personnages ne sont ni entièrement blancs, ni entièrement noirs. Avec Stella, on voit arriver une femme fatale, mais j’avoue avoir été surprise face à ce personnage plus « doux » que prévu. J’ai apprécié Smoke, dont il serait facile de faire un odieux crétin armé. Au final, C. J. Box amène son lecteur à réfléchir, car les engagements, les positions des uns et des autres sont (presque !) toujours défendables, loin des clichés habituels. Au final, seul l’appât du gain est inacceptable (voir les belles ordures auxquelles je faisais allusion). Les autres sont tous, à leur manière, des amoureux de la nature et de sa faune.
En revanche, tout le monde se plaint de la traduction : je n’ai pas été frappée par les problèmes de traduction ou d’adaptation, mais il est vrai que le vouvoiement inopiné entre Joe et Nate est saugrenu. Ce serait bien que les éditeurs assurent un minimum de suivi entre les ouvrages d’une série, notamment lorsqu’il y a un changement de traducteur. A moins qu’ils ne considèrent que la littérature de genre ne mérite pas une telle attention, évidemment…

Pour qui ?
Pour les amateurs de polar et de grands espaces américains.

Le mot de la fin
Sauvage et dépaysant.

*ainsi qu’un roman de Pat Conroy et le premier volume des aventures de Pepe Carvalho, par Montalbàn, rééditées par le Seuil.
** merci de ne rayer aucune mention, toutes sont utiles !

C. J. Box, L’Homme délaissé (Out of Range), Points/Seuil, 2009. Traduit de l’anglais (USA) par Anick Hausman. Première publication en France : Seuil, 2007.  

dimanche 19 août 2012

Dear George Clooney tu veux pas épouser ma mère? de Susin Nielsen



Présentation
Violette vit avec sa mère et sa sœur Rosie depuis que son réalisateur de père a refait sa vie avec une actrice et lui a fait deux enfants… Elle est exaspérée par les amants qui se succèdent au domicile maternel, estimant qu’aucun n’est digne de sa maman. Le dernier en date, malencontreusement nommé Dudley Wiener, ne lui plaît pas davantage que les autres, en dépit de ses efforts pour plaire à Violette et à sa petite sœur Rosie. Par ailleurs, ses relations avec son père et la jolie Jennica ne sont pas au beau fixe depuis qu’elle a laissé ses deux plus jeunes demi-sœurs manger des crottes d’animal en leur faisant croire qu’il s’agissait de bonbons au chocolat. Violette décide de prendre les choses en main et écrit à George Clooney, persuadée qu’il est l’homme idéal pour sa mère.

Mon avis
C’est après avoir été emballée par Moi Ambrose roi du scrabble, de la même Susin Nielsen, que j’ai eu envie de lire Dear George Clooney tu veux pas épouser ma mère ?, toujours aux éditions Hélium. Je suis un peu moins enthousiaste, parce que Violette m’a moins touchée qu’Ambrose, mais j’ai tout de même passé un très bon moment.
Ici aussi, Susin Nielsen fait mouche avec une galerie de personnages attachants et bien dessinés, et elle convainc par un ton et des dialogues bien sentis. Son univers n’est en rien manichéen, Violette est parfois d’une mauvaise foi consternante et réjouissante tout à la fois, tandis que Dudley Wiener et Jennica, qu’il serait aisé de rendre abominables, n’ont pas un instant le mauvais rôle. Au final, cela fait un petit monde terriblement humain, et c’est ce qui fait à mes yeux le prix des romans de Susin Nielsen.
Le roman est rythmé en diable, on ne s’ennuie pas une seconde, il reste simple à lire (il ne pose donc pas de difficulté particulière). Je crois par ailleurs qu’il est aisé pour de jeunes lectrices (peut-être aussi de jeunes lecteurs !) de s’identifier à Violette : elle est proche de nous, commet des erreurs, change d’avis tout en étant prompte à juger les gens, elle est futée et très drôle. Bref, elle est humaine, bourrée de défauts, mais non dénuée de qualités. J’ai adoré sa manière d’utiliser la boule pour répondre aux adultes quand certaines conversations l’enquiquinent (oui je sais, plus personne n’emploie ce verbe), c’est aussi ce type de trouvailles qui fait la singularité et le prix de l’univers de Susin Nielsen.
En conclusion, même si j’ai préféré Moi Ambrose roi du scrabble, j’attends avec impatience le prochain roman de cet auteur !

Pour qui ?
Ados et adultes désireux de passer un bon moment en lisant une histoire drôle, touchante et réconfortante.

Le mot de la fin
Très très bien !

A lire aussi, l'avis de Deuzenn

Susin Nielsen, Dear George Clooney tu veux pas épouser ma mère ? (Dear George Clooney Please Marry My Mum), Hélium, 2011 (13,90 €). Traduit de l’anglais (Canada) par Valérie Le Plouhinec.